La demande pour le crédit corporate devrait rester soutenue en 2013
L’environnement de taux bas, et les incertitudes liées à la crise de la dette souveraine ont porté les émissions de crédit corporates à des niveaux records cette année en Europe. Le volume des émissions pour la catégorie corporate investment grade (hors financières) en euro a atteint quelque 195 milliards d’euros en 2012 en hausse de 93 % sur un an, selon un récent rapport publié par la Société Générale.
La dette high yield qui a connu un pic en septembre est quant à elle restée stable à 29 milliards. Pour 2013, la banque attend seulement 130 milliards d’euros d'émissions d’entreprises investment grade (-34%) et 31 milliards sur le high yield (+7%).
L’afflux de liquidité et la recherche de rendement devraient toutefois continuer de soutenir la classe d’actif en 2013. «L’année 2012 a été exceptionnelle pour le crédit corporate. La classe d’actif a joué le rôle de valeur refuge. Nous avons pu constater un manque d’offre par rapport à la demande », indique Zeina Bignier, responsable adjointe mondiale marché de dette à la Société Générale.
Désintermédiation bancaire oblige, le marché s’est ouvert à une nouvelle catégorie d’émetteurs de taille moyenne tel Bonduelle, ce qui a alimenté les placements aux côtés des grandes signatures (Sanofi...). En outre, «les propos de Mario Draghi ont permis une réouverture progressive du crédit aux signatures financières. L’activité a été très soutenue pour les dettes senior et subordonnée», souligne Sidney Studnia en charge de l’ingénierie financière à la Société Générale.
«Les investisseurs à la recherche de rendement n’auront pas le choix. Ils vont continuer de privilégier le crédit corporate l’an prochain en raison notamment du manque d’alternative», estime Gabriel Lévy, co-responsable des émissions obligataires chez Natixis. «On ne peut pas vraiment redouter de bulle sur le crédit corporate tant la puissance de la demande de la part des investisseurs reste forte. Tout au plus doit-on craindre un peu de volatilité sur la classe d’actif, des respirations de marché qui pourraient être liées à une réaction excessive par rapport à certains événements économiques», explique Alain Gallois, directeur de la plate-forme dette chez Natixis.
Dexia AM redoute de son côté une «légère détérioration des fondamentaux» et considère déjà que «la qualité de crédit se détériore quelque peu, suite aux importantes levées de capitaux et à la faiblesse des revenus réalisés en Europe.»
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