La crise souveraine pourrait faire refluer l’euro

Les fonds d’investissement ont abandonné leurs positions longues sur l’euro. Une marge de manœuvre à la baisse existe tant que tout risque de défaut n’est pas écarté
Patrick Aussannaire

L’euro est-il surévalué ? La faible croissance potentielle au sein de la zone euro (à environ 1,5%), la crise des dettes souveraines, le différentiel de politique monétaire avec les Etats-Unis qui apparaît désormais neutre, ni la Fed ni la BCE ne devant resserrer leur politique monétaire l’année prochaine, indiquent un niveau élevé de l’euro qui pénalise la reprise européenne et donc la situation budgétaire des Etats. Certains signes laissent cependant penser que la tendance pourrait bientôt se retourner.

En effet, la crise de la dette souveraine dans la zone euro a contraint les fonds d’investissement à annuler leurs positions longues sur l’euro, sans pour autant adopter des positions longues sur le dollar, souligne une étude de la Société Générale. Reuters indique même que les investisseurs commenceraient à parier sur la baisse de l’euro pour se tourner vers des devises telles que le dollar australien ou la couronne norvégienne, tablant sur une poursuite de la politique de resserrement monétaire dans ces pays. Natixis rappelle qu’en «mai dernier, le marché était extrêmement vendeur d’euro, ce qui n’était pas le cas il y a encore deux semaines. Il n’est redevenu vendeur, selon les données CFTC, que depuis la semaine dernière à hauteur de 8.000 contrats contre un plus bas de 116.000 contrats».

Natixis estime même que «l’eurodollar a encore un potentiel de baisse jusqu’à 1,28, voire plus bas vers 1,24 si les autorités européennes n’éclairent pas davantage les marchés sur la situation relative à l’après 2013». Un niveau cohérent avec le calcul de la «parité des pouvoirs d’achat relative» qui situe l’équilibre à 1,24, tandis que le taux de change effectif réel de la BCE révèle une surévaluation globale de l’euro de 6%.

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