La courbe des taux suisse passe en territoire négatif jusqu'à 15 ans

A -25 pb, le rendement des obligations suisses à 10 ans est inférieur de 47 pb à celui des JGB japonais, et de 63 pb à celui du Bund allemand.
Patrick Aussannaire

Les taux suisses s’enfoncent encore davantage en territoire négatif. Suite aux mesures prises il y a deux semaines par la Banque nationale suisse (BNS), la courbe est ainsi désormais devenue négative jusqu’à la maturité 15 ans. Depuis début décembre, la courbe des taux suisse s’est translatée à la baisse à hauteur de 93 à 96 pb sur la partie courte inférieure à un an, de 113 pb sur le 2 ans, de 82 pb sur le 5 ans, et de 55 à 57 pb sur la partie longue supérieure à 10 ans.

Après le passage jeudi dernier de la cible de taux 3 mois à -0,75% (dans une fourchette de -0,25 à -1,25%), le Libor franc à 3 mois a plongé à -95 pb à son dernier fixing, avec des taux futures qui anticipent même un nouveau recul jusque dans le bas de la fourchette autorisée, à -125 pb.

Un niveau qui demeure supérieur de 11 pb à celui du rendement des obligations d’Etat à 2 ans, qui a chuté de près de 100 pb depuis le début de l’année. Ce mouvement se transmet en outre de plus en plus loin sur la courbe des taux suisses. A -25 pb, le rendement à 10 ans est désormais non seulement inférieur de 174 pb à celui du Gilt britannique, et de 207 pb à celui des Treasuries américains de même maturité, mais également de 47 pb à celui des JGB japonais, et de 63 pb à celui du Bund allemand. Et ceci malgré les mesures d’assouplissement monétaire historiques prises à la fois par la BCE et la BoJ. La partie ultra longue à 30 ans n’est pas épargnée, avec une chute du taux de 120 pb en un an, à seulement 0,34%.

Dans ce contexte, le franc suisse a corrigé de 4,1% contre euro pour revenir à 1,015 et de 7,3% contre dollar à 0,90 depuis son plus haut atteint mi-janvier suite à la décision surprise de la BNS de retirer le taux plancher de 1,20. Ce reflux limité contre la monnaie unique pourrait provenir d’interventions de la BNS sur le marché des changes, comme le suggère la hausse des dépôts à vue détenus par les banques commerciales auprès de la banque centrale de 26 milliards de francs la semaine passée à 365,5 milliards, après celle de 14 milliards la semaine précédente.

«Si la probabilité de voir les autorités prendre une position interventionniste agressive est faible, une fois passée la vague la plus intense de ventes sur l’euro, des interventions ponctuelles pourraient être plus efficaces avec la baisse des taux anticipée», estime Citigroup, qui juge ainsi la parité d’équilibre entre l’euro et le franc plus proche de 1,13.

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