La contraction du crédit en zone euro pourrait avoir atteint son point bas
La distribution du crédit en zone euro reprend des couleurs à en croire les chiffres d’agrégats monétaires publiés par la Banque centrale européenne (BCE) hier. Les prêts des banques aux entreprises non financières ont augmenté de 11 milliards d’euros entre les mois de novembre et décembre alors qu’ils étaient en recul auparavant. Les prêts aux ménages ont quant à eux augmenté de 2 milliards d’euros sur la même période.
Sur un an, les prêts aux entreprises non financières ont reculé de 1% et ceux aux ménages ont augmenté très légèrement à 0,8%. «Les évolutions par pays sont hétérogènes mais dans l’ensemble il y a des améliorations à la fois dans les pays du cœur et de la périphérie de la zone euro», écrit l’économiste de JPMorgan, Greg Fuzesi. Les chiffres publiés hier confortent les résultats du sondage sur la distribution de crédit de la BCE (Bank Lending Survey) publié ce mois-ci. Il fait état d’un assouplissement des conditions de crédit pour les entreprises et les ménages au quatrième trimestre de l’année dernière.
Les flux mensuels de crédit bancaire au secteur privé enregistrés en décembre 2014 sont les plus importants depuis le troisième trimestre 2011, souligne Frederik Ducrozet chez Crédit Agricole CIB. «Soutenus par les mesures d’assouplissement mises en œuvre par la BCE (...), ils pourraient marquer le début d’un véritable retournement du cycle de crédit», espère l’économiste. Il reconnaît cependant qu’«à ce stade des flux plus importants de crédit pourraient n’être que le reflet d’un ‘deleveraging’ moins rapide de la part des banques qui ne devrait pas être tenu pour acquis».
La BCE s’est montrée particulièrement active en 2014 pour soutenir l’économie et relancer le crédit. Elle a abaissé son taux de refinancement à 0,05%, lancé deux opérations de refinancement des banques à long terme ciblées sur l'économie réelle (TLTRO) et des programmes d’achat de titrisations et d’obligations sécurisées. Elle a également terminé l’exercice de revue complète des bilans des banques destiné à identifier les besoins en capitaux des établissements et renforcer la confiance dans le secteur bancaire européen.
«Le programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE qui démarre en mars devrait s’attaquer aux contraintes qui pèsent encore sur le crédit», écrit Teunis Brosens, économiste chez ING. La BCE a déclaré la semaine dernière qu’elle achèterait chaque mois pour 60 milliards d’euros de titres souverains, de titrisations et d’obligations sécurisées.
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