La consolidation devrait s’accélérer dans la gestion d’actifs
Le ciel radieux et la mer d’huile de la Côte d’Azur contrastaient mercredi avec les vents contraires qui agitent la gestion d’actifs. Comme chaque année, les professionnels du secteur se sont donné rendez-vous à Monte-Carlo pour le Fund Forum. «Ce qui frappe le plus est le rythme des changements auxquels est confrontée l’industrie», a relevé Drew Douglas, co-responsable de HSBC Securities Services lors d’une conférence consacrée à l’évolution des modèles opérationnels. Cette année encore, le maquis réglementaire et la capacité des gérants d’actifs à s’adapter à l’environnement de marché ont occupé une grande partie des débats. L’industrie croit avoir trouvé une première réponse à ses difficultés.
«L’environnement est propice à une accélération des opérations de fusions-acquisitions dans la gestion d’actifs», a souligné Jean-Baptiste de Franssu, président d’Incipit. Interrogés sur les raisons qui incitent les acteurs à se rapprocher, 40% des quelque 500 participants ont estimé que la consolidation répondait, avant tout, à un besoin de rationalisation du secteur.
Le phénomène n’est pas nouveau : on dénombrait 32 opérations en Europe en 2011 et 23 en 2010. «Cela fait longtemps que les gros acteurs du secteur font la course à la taille, remarque Raphaël Tridemy, responsable du développement international chez European Fund Administration. Cela a d’ailleurs apporté une certaine dynamique au marché car ces acquisitions ont souvent provoqué des départs de gérants et la création de nouvelles sociétés de gestion sur des expertises ciblées».
La nouveauté tient à l’ampleur du phénomène et aux opportunités offertes par la sortie de certaines banques de cette activité, à l’image de Dexia, qui discute avec trois prétendants au rachat de Dexia AM. En mars dernier, Deloitte anticipait une accélération du mouvement d’autant que les valorisations ont nettement diminué.
Toutefois, la consolidation n’est pas la réponse à tous les problèmes de l’industrie, car le succès n’est pas toujours au rendez-vous. «C’est le cas quand la culture d’entreprise et les processus de gestion sont très différents», indique Eric Helderle, directeur général chez Carmignac Gestion. Pour ce dernier, c’est le marché, c’est-à-dire les investisseurs, qui fera le tri entre les bons gérants et les autres. Les anglo-saxons appellent cela le «winner takes it all»: de moins en moins d’acteurs avec de plus en plus de part de marché.
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