La compétitivité de la France dans le monde reste dégradée
La France est encore loin d’avoir résolu son problème de compétitivité. Le rapport annuel de la balance des paiements publié hier par la Banque de France montre que son déficit courant s’est creusé à hauteur de 2,6 milliards d’euros sur un an pour atteindre un niveau de 19,7 milliards l’an dernier, soit 0,9% du PIB. Un solde qui a été certes négativement impacté de 4,3 milliards par l’amende réglée par BNP Paribas aux Etats-Unis pour avoir effectué des transactions aves des pays sous embargo américain.
Hors éléments exceptionnels, le déficit s’est réduit de 1,7 milliard d’euros, à 15,4 milliards.
Si le déficit courant de biens a poursuivi sa tendance baissière pour revenir à 34,6 milliards sur 2014 (après 43 milliards en 2013 et 54,1 milliards en 2012), l’excédent dégagé par le secteur des services s’est également réduit à 17,8 milliards, après 22,4 et 24,9 milliards réalisés sur les deux années précédentes. Dans ce contexte, la position extérieure nette de la France s’est à nouveau dégradée pour afficher un déficit de 418 milliards d’euros, soit 19,6% du PIB, contre 17,5% en 2013, avec une dette extérieure qui a grimpé de 5 points en un an pour atteindre 38,5% du PIB fin 2014.
Les comptes courants français sont d’ailleurs très lourdement déficitaires face à ses partenaires de la zone euro, à hauteur de près de 30 milliards d’euros au total, avec un déficit accusé face à la seule Allemagne qui représente environ la moitié du total. Or, la France réalise 46,5% de ses échanges de biens et 41,1% de services avec la zone. L’autre grand pays à afficher une forte position excédentaire face à la France est la Chine, avec un déficit courant de plus de 20 milliards d’euros. La France ne réussit à dégager d’excédent que face au Royaume-Uni pour un peu moins de 15 milliards d’euros.
Le rapport confirme la poursuite de la dégradation des parts de marché mondiales de la France, plus importante que celle des autres pays de la zone euro. Le pays perd davantage de parts de marché au sein de la zone que dans le reste du monde du fait d’une hausse des coûts unitaires de production plus forte que chez ses partenaires européens.
L’Espagne a même retrouvé son niveau de compétitivité qui prévalait en 2000, alors que la dégradation de celui de l’Allemagne est limitée à environ 10%, celle de l’Italie à environ 25%, contre une érosion de 40% pour celle de la France.
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