La comparaison avec UBS fait redescendre Credit Suisse de son piédestal
Credit Suisse peine à retrouver sa performance de 2010. Si son bénéfice net au premier trimestre est en recul de 45% à 1,14 milliard de francs suisses et inférieur au consensus de 1,34 milliard, il a en revanche été impacté par une charge exceptionnelle avant impôts de 617 millions sur la valeur de sa dette liée à des changements de règles comptables et s’est repris de 35% par rapport au trimestre précédent. En excluant cette charge, de seulement 59 millions l’an dernier, le bénéfice net ajusté atteint 1,6 milliard, contre 1,81 milliard pour UBS.
«Durant un trimestre marqué par une forte incertitude des marchés, nous avons maintenu notre forte dynamique clientèle, gagnant des parts de marché et générant 19,1 milliards de francs de nouveaux capitaux nets», a indiqué Brady Dougan, le directeur général de la banque. La collecte nette est certes en progression importante comparée aux 13,9 milliards encaissés au quatrième trimestre 2010, mais reste néanmoins bien inférieure aux 26 milliards atteints un an plus tôt et aux 22,3 milliards dégagés par UBS sur la période.
La gestion de fortune a tenu le haut du pavé avec une collecte de 15,7 milliards, contre 11,1 milliards pour UBS, tirée par une contribution majoritaire de l’international, notamment les marchés émergents, et des grands comptes. Raymond James note en outre que «le taux de collecte en rythme annualisé ressort ainsi à 7,8% (contre 4% au trimestre précédent) soit un niveau clairement supérieur à l’objectif de moyen terme du groupe (6%)».
La banque d’investissement traduit en revanche la difficulté de Credit Suisse à revenir à ses niveaux d’activités de début 2010, avec une baisse du bénéfice avant impôts de 25% à 1,34 milliard et une baisse des revenus de 6% à 4,93 milliards, malgré des rebonds significatifs par rapport au trimestre précédent.
A l’instar d’UBS, Credit Suisse affiche une capitalisation solide avec un ratio tier one en hausse de 1 point à 18,2% et un ratio core tier one de 0,8 point à 13% grâce au succès de ses émissions de titres convertibles contingents, les CoCos. Et Brady Dougan d’estimer que «les clients et les investisseurs reconnaîtront qu’en satisfaisant très tôt aux nouvelles exigences réglementaires, la banque est extrêmement bien positionnée et sera mieux placée pour générer une valeur ajoutée significative».
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