La Compagnie Financière Edmond de Rothschild concrétise ses ambitions en Chine
La société va acquérir une participation de 15 % dans le gérant de fonds Zhonghai Fund Management, pour un montant avoisinant 9,2 milliards d’euros
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Virginie Deneuville
Une «locomotive d’une puissance inouïe». Tel était le qualificatif utilisé par Michel Cicurel, président du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, pour évoquer la Chine, à l’occasion de la présentation des résultats du groupe en janvier dernier. La société de gestion, qui n’a jamais caché ses ambitions de développement sur ce marché à fort potentiel, vient de les concrétiser. Le groupe devrait en effet acquérir une participation de 15 % dans le gérant de fonds national Zhonghai Fund Management, selon des sources proches du dossier contactées par L’Agefi, qui confirment ainsi des informations de Reuters. Le montant de l’opération dépasserait 100 millions de yuans, soit 9,2 millions d’euros.
Si le groupe public Yunnan Tobacco a accepté de céder sa participation dans le gestionnaire chinois à La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, l’opération doit encore être finalisée et l’aval des autorités chinoises obtenu. Le solde du capital de Zhonghai Fund Management, détenu à hauteur de 47 % par le groupe pétrolier CNOOC et de 38 % par la société boursière Guolian Securities, ne devrait pas changer de main.
Fort d’une trentaine d’implantations au niveau mondial, la Compagnie Financière Edmond de Rothschild dispose déjà de trois assises en Chine (Pékin, Hongkong et Shanghai). Elle a par ailleurs obtenu une licence lui permettant d’investir sur les marchés de capitaux chinois avec un quota d’investissement de 100 millions de dollars.
La Compagnie Financière Edmond de Rothschild suit ainsi la démarche opérée par nombre de banques désireuses de mettre un pied en Chine. ABN Amro, HSBC, JPMorgan ou encore Société Générale y ont créé des coentreprises, le gouvernement national interdisant toutefois les prises de participation majoritaires. Selon Reuters, approximativement la moitié des soixante sociétés de gestion chinoises sont des joint-ventures.
Si La Compagnie Financière Edmond de Rothschild met le cap sur la Chine, elle s’intéresse de manière plus globale aux pays émergents, et notamment à l’Inde. Pour répondre aux exigences financières de son désir d’expansion, le groupe envisage de s’introduire en Bourse. «Nous le ferons quand les conditions seront opportunes», avait indiqué en janvier Michel Cicurel, à l’occasion des résultats annuels du groupe.
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