La coalition irlandaise adopte un ton moins agressif sur les décotes des dettes seniors
Le gouvernement irlandais formé par les partis du Fine Gael et du Labour a publié dimanche son programme. Soutenant les objectifs du programme d’aide de l’UE et du FMI, il pointe du doigt son incapacité à restaurer la confiance dans l’économie et le système bancaire irlandais et souligne aussi l’incertitude sur les coûts potentiels liés à la poursuite de la résolution de la crise pesant sur les contribuables.
Fidèles à leur campagne pré-électorale, ils ont confirmé d’une part, vouloir réduire le taux d’intérêt du prêt international - fixé à 5,8% - pour pouvoir se réengager de manière crédible en vue d’une réduction du déficit du pays. Et d’autre part, reporter toute nouvelle recapitalisation des banques tant que les tests de résistance prévus fin mars via le Prudential Capital Assessment Review (PCAR) ne seront pas achevés et connus. La coalition compte éviter toute dégradation de la note de l’Irlande en dépensant de manière cohérente avec la soutenabilité de la dette nationale le capital nécessaire à toute recapitalisation bancaire. Par ailleurs, elle compte mettre un terme aux transferts d’actifs vers le Nama, l’entité de défaisance, car elle ne s’attend pas à ce qu’ils améliorent la confiance des marchés dans les banques domestiques et l’Etat. Au 2 mars, selon CreditSight, le Nama avait acquis 71,2 milliards d’euros à un taux de décote moyen de 58%.
Surtout, le gouvernement accepte que des dispositions nécessaires à la législation prévoient d’inclure, dans la restructuration des passifs des banques, les dettes seniors non sécurisées et non garanties.Tandis que le quotidien Irish Times a rapporté qu’Enda Kenny le leader du Fine Gael semblait faire marche arrière sur les décotes, d’après CreditSights, le langage du nouveau pouvoir, sur ce dernier point, est «moins définitif et moins agressif» que la rhétorique utilisée durant la campagne électorale. «Rien n’est dit que l’objectif est de déprécier les dettes seniors», souligne la société d’analyse.
En termes de financement bancaire, l’Etat cherchera à remplacer leur dispositif d’emprunt d’urgence par «un financement officiel, à moyen terme et abordable» de façon à restaurer la confiance entre les établissements prêteurs dans la position de liquidité des banques irlandaises.
Côté budgétaire, le gouvernement a reporté son objectif de deficit de 3% du PIB à 2015, contre 2014 initialement et entend maintenir son taux d’IS à 12,5%.
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