La City craint l’isolement face à ses partenaires européens
Le sommet européen, qui se tient à partir d’aujourd’hui, s’accompagnera-t-il d’un nouveau clash retentissant de la part du Premier ministre britannique ? En décembre dernier, David Cameron avait en effet opposé son veto à la modification du traité de l’Union européenne parce que ses partenaires avaient refusé de céder à l’exigence du Royaume-Uni. Le pays voulait créer un protocole visant à protéger les intérêts de la City de toute future réglementation européenne. Si David Cameron a d’ores et déjà préparé une nouvelle liste de demandes dans la perspective de la création d’une union bancaire, il se serait cette fois entouré des experts de la City pour coordonner les positions et s’assurer qu’une telle union ne sape pas l’accès du Royaume-Uni au marché unique européen, selon des informations du Financial Times.
Le Royaume-Uni est en effet divisé sur cette initiative: si le pays approuve l’idée que la BCE soit le superviseur de cette union, il ne souhaite pas participer à la recapitalisation des banques de la zone euro. Surtout, le Royaume-Uni ne peut se permettre de répliquer le clash de décembre dernier sous peine de compromettre définitivement le statut de Londres comme place financière mondiale, selon des experts de la City.
«Malgré la crise financière, Londres est parvenu à tenir son rôle mais cela ne signifie pas que cela sera le cas sur le long terme», observait hier l’historien Niall Ferguson, professeur d’histoire à l’université de Harvard, à l’occasion d’une conférence organisée à Londres par le cabinet d’avocats Latham & Watkins. Si la perspective d’une désintégration de la zone euro pourrait avoir des conséquences énormes pour Londres, «et bien plus que pour Berlin», selon l’historien, «le défi le plus important ne provient pas de l’Europe mais bien plutôt du déplacement fondamental du pouvoir économique de l’Ouest vers l’Est et de son importance».
Les rivales de demain sont d’ores et déjà bien positionnées: «en dépit d’une perte de vitesse momentanée, la place financière de Hong Kong peut d’ores et déjà concurrencer Londres. Elle lui est même supérieure, à certains égards», conclut Niall Ferguson.
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