La Chine envisage de nouvelles mesures pour freiner l’inflation

L’accélération en octobre du rythme de la progression des prix à 4,4 % a conduit la banque centrale à annoncer de futures hausses de taux et de réserves obligatoires
Patrick Aussannaire

La Chine joue une partie serrée. Les mesures prises jusqu’ici n’ont pas permis d’enrayer la hausse des prix à la consommation qui s’est accélérée en octobre à 4,4% sur un an. CA CIB estime même que l’inflation pourrait atteindre 5% d’ici juin 2011. Dans ce contexte, la Banque centrale de Chine (PBOC) ne pouvait rester sans réaction. Son vice-gouverneur, Hu Xiaolian, a ainsi annoncé hier dans un communiqué de nouvelles dispositions pour renforcer les règles de contrôle des liquidités. De nouvelles hausses de taux et du ratio de réserves obligatoires sont ainsi envisagées.

L’accélération du rythme de croissance des prêts bancaires, à 19,3% en octobre depuis le début de l’année, inquiète Pékin. Les banques auraient prêté 400 millions de yuans durant les trois premières semaines de novembre, se rapprochant ainsi de l’objectif annuel fixé par le gouvernement à 7.500 milliards, qui sera difficile à respecter. Pour 2011, les autorités souhaitent limiter le rythme de hausse des prêts à 15%, un niveau qui ne porterait pas atteinte à l’activité.

Cependant, Natixis doute de l’efficacité de ces mesures et explique que «la liquidité n’est qu’une condition de l’inflation, qui est aujourd’hui en réalité poussée par la hausse des coûts (salariaux surtout), l’inflation devient ainsi structurelle», alors que les autorités chinoises mettent en place des mesures administratives de régulation de prix suite à l’envolée de plus de 60% des prix de 18 sortes de légumes au mois d’octobre. Par ailleurs, Aurel BGC estime que «le relèvement des taux d’intérêt risque d’alimenter les entrées de capitaux en quête de rendements et ainsi renforcer le développement de bulles, notamment dans le secteur immobilier».

Afin de freiner l’afflux de capitaux étrangers (le surplus des comptes courants a plus que doublé en un an au troisième trimestre), les autorités envisagent même d’instaurer une «taxe Tobin». Là encore cette mesure paraît «peu probable» selon Aurel BGC et n’irait pas sans provoquer des effets pervers. En effet, si trop d’entrées de capitaux alimentent la liquidité domestique, source de bulles des prix des actifs; les limiter mettrait un frein à l’appréciation du yuan. Or, la Chine a aujourd’hui tout intérêt à réévaluer sa devise pour limiter les tensions inflationnistes.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...