La Chine délivre les premières autorisations de distribution pour des banques étrangères
La gestion d’actifs va-t-elle redémarrer en Chine ? Alors que l’encours des fonds mutuels ne représente que 5% du PIB chinois, contre 50% en France et 77% aux Etats-Unis, les actifs sous gestion avaient calé à partir de 2007 après des performances décevantes, liées à une surexposition aux actions (lire L’Agefi Hebdo du 27 juin).
Mais six banques étrangères viennent de recevoir l’agrément des autorités pour commercialiser des produits de gestion collective en Chine «continentale» (hors Hong-Kong): HSBC, Citibank, les établissements hongkongais Hang Seng et Bank of East Asia (BEA), ainsi que les singapouriens United Overseas Bank (UOB) et Development Bank of Singapore (DBS). Trois autres banques sont en attente d’agrément: Standard Chartered, le Singapourien OCBC et Nanyang Commercial Bank, une filiale hongkongaise de Bank of China.
«Cette procédure est la conséquence d’une évolution réglementaire datant de 2011, autorisant les banques étrangères à commercialiser des fonds mutuels. Mais cette nouvelle mesure n’avait pas jusqu’à présent été suivie d’effet», écrit François Guilloux, consultant chez Z-Ben Advisors à Shanghai. La brèche ouverte en 2011 par les autorités chinoises dans le marché de la gestion a été complétée le 1er juin par une loi dite sur les nouveaux fonds («New Fund Law»), qui assouplit la procédure d’enregistrement des produits, modernise la gestion des risques et surtout ouvre le marché à de nouvelles classes d’actifs et de nouveaux acteurs. En plus des gestionnaires historiques, assureurs, fonds privés, courtiers, trusts…, pourront créer leur filiale de gestion et proposer l’ensemble des produits.
«La commercialisation concrète de fonds ouverts [par les banques étrangères] devra s’insérer dans un système de distribution calibré à l’avantage des quatre plus grandes banques nationales», nuance François Guilloux. Bank of China, China Construction Bank, Agricultural Bank of China et ICBC assurent près des trois quarts de la distribution des produits. Cette particularité a rendu l’accès au marché grand public chinois onéreux pour les gérants, ceux-ci partageant les mêmes circuits de distribution.
La réforme en cours depuis deux ans devrait donc théoriquement faire respirer le marché et offrir autant de débouchés à l’abondante épargne chinoise: les particuliers détiennent pas moins de 30.000 milliards de renminbis (3.730 milliards d’euros).
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