La Catalogne défie le gouvernement central en convoquant des élections régionales anticipées

La région espagnole réagit au refus du Premier ministre de lui accorder une plus grande autonomie en matière fiscale
Antoine Duroyon

Promettant lors de son arrivée aux affaires en 2010 «la fidélité totale au peuple catalan», le président de la Généralité de Catalogne, Artur Mas, a donné hier la mesure de sa détermination. Le chef de file de la fédération Convergence et Union (CiU) a appelé hier à la tenue d’élections régionales anticipées le 25 novembre prochain.

Artur Mas accentue ainsi la pression sur le gouvernement central, cinq jours après le refus du Premier ministre Mariano Rajoy d’accorder à la Catalogne un «pacte budgétaire» qui verrait la communauté autonome conserver une part plus importante des impôts collectés sur place. La région espagnole, lourdement endettée, a par ailleurs demandé fin août une aide financière de 5,02 milliards d’euros à l’Etat.

«La stratégie de Rajoy semble être d’isoler la Catalogne des autres régions, en proposant une redéfinition générale des relations financières entre le gouvernement central et l’ensemble des communautés, plutôt que d’engager des négociations en tête à tête», souligne Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank.

«Les remous actuels en Catalogne pourraient être l’un des catalyseurs forçant au bout du compte l’Espagne à solliciter officiellement le soutien de l’Europe», poursuit-il. Mariano Rajoy a jusqu’à présent donné l’impression de jouer la montre, alors que des élections régionales doivent se dérouler en Galice (terre natale du Premier ministre) et au Pays Basque le 21 octobre. «Si l’évolution des rendements se montre favorable, une demande de renflouement pourrait même être encore reportée davantage», note-t-on cependant du côté de Citi.

Avec un sens aigu du timing, Artur Mas a lancé son offensive au cours d’une semaine riche en événements. L’Espagne attend en effet pour vendredi trois annonces majeures : la présentation du budget 2013, avec de nouvelles mesures fiscales en vue, la présentation d’une nouvelle série de réformes structurelles (réforme du marché de l’énergie, amélioration de l’accès au financement des PME, etc…) et la publication par Oliver Wyman de l’audit sur les banques espagnoles. Le rapport devrait faire état d’un besoin de fonds propres estimé à 60 milliards d’euros. Un montant jugé «décevant » par Gilles Moec qui juge pour sa part adéquat un chiffre de 75 milliards d’euros.

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