La BRI s’inquiète des conséquences de la faiblesse des taux d’intérêt
La Banque des règlements internationaux (BRI) poursuit dans sa ligne offensive contre les effets négatifs à long terme des politiques monétaires ultra-accommodantes menées par les banques centrales. «Les taux d’intérêt sont très bas depuis extrêmement longtemps et ce, quel que soit le point de référence adopté. De plus, les rendements négatifs, sans précédent, qu’on observe sur certains marchés de la dette souveraine repoussent les frontières de l’impensable», a ainsi alerté Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI dans son introduction au rapport annuel de l’institution publié dimanche. Et d’ajouter même que «les revirements récemment constatés sur les marchés ne modifient pas fondamentalement le tableau».
Le lancement du programme de rachats massif d’obligations de la BCE a entraîné les rendements des obligations d’Etat courtes en territoire négatif dans l’ensemble de l’Europe. Malgré les récentes tensions, les rendements à 2 ans restent négatifs en Suisse, au Danemark, en Suède, en Finlande, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, en Belgique, en Autriche, en République Tchèque, au Portugal, et en Slovaquie. Les taux irlandais, espagnols et italiens restent quant à eux proches de la zone, à des niveaux respectifs de 0,09%, 0,27% et 0,28%. Ce nouveau paradigme alimente les déséquilibres dont souffre l'économie mondiale. La charge de la dette et les risques financiers restent trop élevés, et limitent les marges de manœuvre macroéconomique, selon la BRI.
L’assouplissement des conditions monétaires et financières dans les grandes économies s’est d’ailleurs propagé au reste du monde par le biais des taux de change et des flux de capitaux, «contribuant à la formation de vulnérabilités financières», comme le précise la BRI. La Chine, la Corée du sud, l’Inde, la Russie, la Turquie, ainsi que la plupart des pays de l’Europe émergente ont ainsi tous entamé un cycle de baisse de leurs taux directeurs, seul le Brésil continuant à les resserrer.
Un assouplissement qui a notamment été permis par la chute des prix du pétrole qui a offert un répit «bienvenu et inespéré» aux économies émergentes sur le front des tensions inflationnistes, ainsi que par la vive appréciation du dollar qui a «généralement profité aux économies plus fragiles», commente Claudio Borio.
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