La BoE s’apprête à caler sa politique monétaire sur les variables économiques
Mark Carney s’apprête à ouvrir une nouvelle ère dans la politique de communication de la Banque d’Angleterre (BoE). Un mois seulement après sa prise de fonction, le nouveau gouverneur de la BoE a une occasion immédiate de marquer son empreinte en répondant aujourd’hui, à l’occasion de la publication de son rapport trimestriel sur l’inflation, à la demande formulée par le chancelier de l’Echiquier George Osborne sur les modalités d’une communication plus détaillée sur la trajectoire de sa politique monétaire.
«Le rapport trimestriel d’inflation de la BoE revêt une importance particulière dans la mesure où il ne révélera pas seulement les projections actualisées de la BoE sur la croissance et l’inflation britanniques (déterminant l’avenir du programme de rachats d’actifs), mais fournira également une déclaration sur l'évolution future de leur politique monétaire et l’instauration de seuils», explique CA-CIB.
A l’instar de ce qu’a initié Mark Carney au cours de son mandat de gouverneur de la Banque du Canada en fournissant à partir d’avril 2009 un horizon temporel fixe au maintien d’une politique monétaire accommodante, mais également de la Fed qui conditionne depuis décembre 2012 la sortie de son programme de rachats d’actifs à l’amélioration des conditions économiques aux Etats-Unis, la BoE devrait ainsi relier formellement sa politique monétaire à l’évolution des variables macroéconomiques dans le pays.
Le but est d’avoir une meilleure mainmise sur les anticipations de taux, notamment lors de la sortie du QE qui peut entraîner une hausse marquée des rendements. «L’atteinte du seuil sur la variable macroéconomique retenue n’entrainera pas un resserrement automatique de la politique monétaire», rappelle néanmoins Barclays.
Si le principe ne fait aucun doute pour la majorité des économistes, ceux-ci sont néanmoins divisés sur les seuils et indicateurs macroéconomiques qui seront retenus par l’institution. CA-CIB anticipe que la BoE fixe des objectifs en termes de taux de chômage, avec un seuil probable à 7%, dans le cadre d’une politique de stabilité des prix avec comme objectif une inflation à deux ans inférieure à 2,5%.
Barclays anticipe également un lien direct entre l’évolution de la politique monétaire et celle du taux de chômage mais sans pour autant fixer de seuil précis, alors qu’HSBC estime que la variable de croissance du PIB réel pourrait être privilégiée à celle de l’emploi.
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