La BoE décale d’un an le début de son processus de normalisation monétaire
La BoE fait vœu de patience. Son rapport trimestriel sur l’inflation publié hier montre que malgré une croissance du PIB britannique anticipée à 2,9% en 2015 et en 2016 et une accélération de la croissance des salaires nominaux à 3,5% cette année, un rythme deux fois plus élevé que celui de 2014, l’autorité prévoit de maintenir son taux directeur inchangé à 0,5% cette année pour ne le remonter qu’à 1% à horizon 2017.
Depuis novembre, la BoE a décalé d’un an le début de son processus de normalisation monétaire, au troisième trimestre 2016, et ajusté à la baisse son anticipation de taux à fin 2017 de 0,6 point, pour le ramener à 1,1%. Des prévisions nettement plus prudentes que celles formulées par les contrats forwards qui tablent sur une première hausse de taux dès le premier trimestre 2016.
Un ajustement justifié par la chute de l’inflation qui devrait ainsi être nulle en moyenne sur les trois premiers trimestres de l’année, avec une incursion anticipée en territoire négatif au cours du premier trimestre. La BoE attribue cette baisse à celle du prix des matières premières et à l’appréciation du taux de change effectif de la livre d’environ 1% sur les trois mois écoulés qui l’éloigne ainsi de manière durable de son objectif de 2%. Dans sa lettre envoyée au chancelier de l’Echiquier, Mark Carney estime ainsi que deux tiers de la baisse de l’inflation globale proviennent des produits alimentaires, de l’énergie et du prix des autres biens. La BoE anticipe néanmoins une remontée progressive d’un niveau de 0,5% en fin d’année, à 1,5% mi-2016, 2% début 2017, puis à 2,15% à horizon trois ans.
Malgré l'évocation surprise d’une possible baisse des taux ou d’un allongement des rachats d’actifs cette année si l’inflation chutait plus que prévu, le marché des changes a réagi positivement hier avec une hausse de la livre de 1,1% contre euro et contre dollar. Le resserrement du spread de taux à 2 ans contre les Treasuries américains de 70 pb depuis juillet 2014, sur fond d’anticipation d’un début de normalisation monétaire plus tardif de la BoE que la Fed, a permis à la livre de reculer de 12% contre dollar sur la période. Elle a néanmoins gagné 7% contre euro dans le même temps.
Si l’effet des prix du pétrole sur l’inflation est vu comme temporaire, «le taux de change devrait rester un frein au rebond de l’inflation ces prochaines années compte tenu de l’impact du QE de la BCE sur l’euro», explique BNP Paribas.
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