La BCE s’inquiète d’un retour potentiel du risque souverain en zone euro
Le retour d’une crise de la dette souveraine n’est pas à exclure selon la Banque centrale européenne (BCE). Même si ce n’est pas le risque le plus sérieux qui pèse sur la zone euro à ce jour, l’institution estime dans son rapport sur la stabilité financière publié hier, que le risque de réémergence des inquiétudes sur la soutenabilité de la dette des Etats a augmenté depuis le mois de mai dernier.
«Les inquiétudes sur la soutenabilité de la dette des pays pourraient potentiellement revenir à moyen terme», écrit-elle, soulignant que même si le déficit des pays de la zone euro descend peu à peu, plusieurs Etat devraient conserver une dette supérieure à 100% du PIB. «Cela met en lumière le besoin d’ajustements supplémentaires des fondamentaux économiques et budgétaires pertinents pour la soutenabilité de la dette».
Les rendements des titres souverains à 10 ans des pays du centre et de la «périphérie» de la zone euro sont historiquement bas. Ils étaient hier à 0,69% pour l’Allemagne et à 0,99% pour la France; 1,88% pour l’Espagne; 2,05% pour l’Italie et 2,8% pour le Portugal. La facilité à se financer pourrait dissuader les pays de faire plus d’efforts budgétaires et de mettre en œuvre des réformes structurelles, selon la BCE. Les pays pourraient être d’autant plus tentés de rester au milieu du gué que leurs marges de manœuvre diminueraient si le contexte macroéconomique venait à se détériorer et l’inflation restait durablement très basse.
La baisse des coûts de financement de ces pays est due à l’amélioration progressive de leur situation budgétaire mais surtout aux multiples interventions de la BCE. Elle est renforcée, selon l’institution, par l’affaiblissement progressif du lien qui unit les banques et les Etats avec l’adoption de nouvelles règles de résolution et la mise en place du mécanisme de surveillance unique. Ces améliorations restent cependant fragiles aux yeux de la BCE qui insiste sur l’importance de terminer l’Union bancaire.
«Un renversement soudain de la recherche mondiale pour le rendement pourrait déboucher sur une nouvelle augmentation des rendements souverains, en particulier dans les pays de la zone euro moins bien notés, et pourrait aussi se traduire par des pertes pour les banques sur leurs portefeuilles de dette souveraine», souligne-t-elle. Le rapport développe largement la menace que constitueraient aussi un retour de l’aversion pour le risque et les problèmes liés à la faible rentabilité des banques.
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