La BCE s’inquiète de la lenteur de la mise en œuvre de l’union bancaire

Benoît Coeuré, membre du directoire, a insisté sur l’urgence de passer aux actes à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence
Florent Berthat, à Aix-en-Provence

Duel à fleurets mouchetés vendredi après-midi à Aix-en-Provence, entre Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et Eric Lombard, président de BNP Paribas Cardif, dans le cadre des Rencontres économiques organisées par le Cercle des économistes. «Les marchés ont une puissance de feu infinie, aussi il faut que le MES (Mécanisme européen de stabilité) l’ait aussi en s’adossant à la BCE, car 800 milliards d’euros ce n’est vraiment rien», a asséné le dirigeant de la filiale d’assurance de BNP Paribas.

Une position que le représentant de la Banque centrale est loin de partager, avec pour argument que «les chefs d’Etat européens ont décidé la création d’une institution à même d’intervenir sur le marché secondaire voire primaire des obligations souveraines et on demande à la BCE de le faire, craignant que les gouvernements ne le décident finalement pas. Ce serait paradoxal et cela pose une sérieuse question de fonctionnement de la démocratie». En outre il observe que «l’augmentation du bilan de la BCE, qui dépasse les 1.000 milliards d’euros, n’est pas acceptable à long terme».

Mais surtout, Benoît Coeuré s’est montré inquiet de la lenteur de mise en œuvre des décisions prises au dernier sommet européen. «Le risque le plus grand pour la zone euro ce n’est pas l’instabilité des marchés, ce serait un manque de conviction politique. Il est inquiétant d’entendre que l’union bancaire et budgétaire sera pour mi-2013. Le besoin est immédiat et c’est de la responsabilité des politiques» a-t-il exposé pendant le débat, avant de réitérer son point de vue lors d’une conférence de presse.

«Le contrôle centralisé des banques est une réponse à la crise actuelle, c’est donc une urgence et elle est d’autant plus grande que sa mise en place conditionne l’accès direct des banques au MES qui permettra de casser ce lien entre les Etats et elles, qui est au cœur de la crise» a-t-il ainsi détaillé. Dimanche à Aix, le ministre français de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, lui a répondu qu’il était envisageable de voir la supervision des banques au niveau européen se mettre en place d’ici la fin de l’année. Enfin, concernant l’organisation «plus ou moins décentralisée» de ce contrôle des groupes bancaires qui va échoir à la BCE, Benoît Coeuré s’est dit favorable à «l’utilisation des ressources existantes au sein des banques centrales nationales».

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