La BCE réaffirme son engagement pour mener à terme ses rachats d’actifs
La publication hier du compte-rendu de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE du 15 avril, censée améliorer la communication de l’autorité auprès des investisseurs, est survenue en pleine polémique sur la communication de l’un de ses membres éminents. Le discours de Benoît Coeuré faisant état d’une augmentation temporaire du rythme de rachats d’obligations de la BCE au cours des mois de mai et juin prononcé lundi soir devant un parterre de financiers, patrons de «hedge funds» et de banques telles que Citigroup ou Goldman Sachs n’a été rendue public que le lendemain matin.
Or, l’euro et les rendements d’Etat européens avaient déjà amorcé avant l’ouverture de la séance une chute qui s’est poursuivie ensuite. Une «erreur de procédure» comme l’a reconnu l’autorité qui a même décidé de ne plus diffuser de copies de ses discours sous embargo aux médias. «Le conseil des gouverneurs a réaffirmé son intention de conduire son programme de rachats d’actifs jusqu’en septembre 2016», indiquent les minutes. La BCE a ainsi balayé une nouvelle fois tout doute chez les investisseurs qu’une hausse prématurée de l’inflation pourrait l’encourager à ralentir son rythme moyen de rachats de 60 milliards d’euros par mois tant que l’objectif d’inflation ne sera pas atteint. L’excès de liquidité dans le système s’est déjà redressé d’environ 150 milliards d’euros depuis le lancement du programme de rachats d’obligations publiques pour flirter désormais avec les 300 milliards. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis mi-2013. Cette amélioration a ainsi permis à l’Eonia de chuter à un plus bas historique de -14,3 pb la semaine dernière, aidé par les jours fériés. Il s’est depuis légèrement tendu pour venir fixer à un niveau néanmoins toujours faible de -10,6 pb mercredi.
Même si la dernière réunion s’est tenue juste avant le mouvement violent de correction enregistré sur les rendements d’Etat, Benoît Coeuré a indiqué que ce mouvement n'était pas inquiétant en soi s’il repose sur une amélioration des conditions en zone euro. Les minutes ont également mis en avant les effets bénéfiques de la baisse de l’euro sur l’activité.Si la monnaie unique s’est redressée à 1,11 contre dollar depuis son point bas de 1,05 mi-mars, «les positions vendeuses sur l’euro restent très importantes, de l’ordre de 22 milliards d’euros, ce qui suggère que le marché continue de croire à la correction de l’euro»,indique Natixis.
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