La BCE pourrait s’inspirer de l’expérience danoise de taux négatifs
Le Danemark met fin à son expérience monétaire de taux de dépôt négatifs, à l’heure où la BCE envisage de plus en plus sérieusement de l’ouvrir. La banque centrale danoise (Nationalbank) a décidé le 24 avril de ramener ses taux de dépôt à +0,05%, après les avoir maintenus en territoire négatif depuis juillet 2012. Une hausse de 15 pb qui fait suite à un relèvement de -0,2% à -0,1% déjà opéré en janvier 2013. Les taux de prêt et d’escompte de référence ont été laissés inchangés à 0,2% et 0%.
«La Nationalbank n’a pas seulement enterré l’expérience de taux négatifs, mais a également placé le taux de dépôt à un niveau supérieur à celui de la BCE pour la première fois depuis deux ans», rappelle Nordea Bank.
Cette mesure «a constitué un outil très efficace pour éviter les entrées de capitaux injustifiés», a récemment indiqué le gouverneur de la Nationalbank. Elle a en effet permis d’endiguer l’appréciation de la couronne contre euro depuis avril 2011, liée à la fuite des investisseurs vers les devises refuges des pays européens notés AAA. «Des taux de dépôts négatifs de la BCE pourraient déclencher une inversion de la tendance à la hausse de l’euro», ajoute Citigroup. Or, les membres de la BCE, Mario Draghi en tête, ont durci le ton récemment au sujet de l’impact de l’euro fort sur l’inflation et évoqué cette solution comme un recours possible.
La dépréciation de la couronne a néanmoins été modérée à 0,5% contre euro depuis mi-2012, et cette mesure n’a pas permis d’éviter une hausse de 12,5% contre dollar. En outre, la mise en place du programme OMT de la BCE a permis de limiter la demande pour les actifs libellés en devise danoise en réduisant la prime de risque associée aux pays périphériques.
«Les principaux risques associés à l’instauration de taux de dépôt négatifs demeure le possible assèchement du marché monétaire européen, et une aggravation de la crise du crédit», estime Citigroup. Des craintes relayées par le gouverneur de la Bundesbank, Jens Weidmann, qui alertait en décembre sur le fait qu’«il est possible que les banques répercutent le coût associé à des taux de dépôt négatifs sur les emprunteurs en relevant leurs taux d’intérêt».
A son échelle réduite, l’expérience danoise permet de relativiser ces craintes. «Les taux négatifs n’ont eu aucun impact sur les prêts bancaires», rappelle Citigroup qui ajoute que la BCE pourrait mettre en place conjointement des mesures de liquidités pour les banques les plus fragiles.
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