La BCE pourrait revoir ses règles de collatéral
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait revoir la liste des actifs acceptés en collatéral afin de soutenir le financement des économies de la zone euro. Lors de sa conférence mensuelle la semaine dernière, Mario Draghi s’est en effet inquiété du coût élevé des prêts accordés aux entreprises, notamment aux PME, des pays périphériques, par rapport à celui des prêts distribués dans les pays les plus solides de la zone euro.
La BCE a déjà déployé plusieurs outils pour faciliter l’accès des entreprises au crédit. Elle a fixé son taux de refi à 0,75% depuis juillet dernier. Elle a soulagé les problèmes de liquidité des banques en leur permettant d’emprunter à trois ans de manière illimitée et elle a élargi ses critères de collatéral. Enfin, elle a réduit l’aversion pour le risque en présentant son programme de rachat de dette souveraine (OMT).
A défaut de réussir à réduire davantage la fragmentation financière, les banquiers centraux sont en train de passer en revue les règles applicables au collatéral. La BCE les a déjà plusieurs fois assouplies, un des pas les plus importants ayant été franchi en décembre 2011. La banque centrale avait alors accepté en refinancement les titrisations de prêts de PME et de prêts hypothécaires résidentiels notées A par au moins deux agences. Surtout, elle a autorisé les banques centrales nationales à accepter, selon leurs propres critères, d’autres types de créances, sous leur propre responsabilité. La Banque de France a ainsi ouvert son guichet aux prêts à l’habitat.
Selon l’économiste de Goldman Sachs, Huw Pill, «faire un usage plus agressif des systèmes de collatéral nationaux, autorisés en 2011, pour pouvoir mobiliser des prêts à des entreprises non notées, serait une étape logique». Les banques centrales peuvent à la fois élargir la liste des actifs éligibles ou réduire les décotes qui sont appliquées.
Pour les économistes de RBS, la BCE pourrait en effet encourager les banques centrales nationales à prendre des prêts aux PME en refinancement. Cette option leur paraît d’autant plus crédible que Mario Draghi a précisé la semaine dernière que «le rôle des banques centrales pour juger de la qualité de crédit devient très important quand il s’agit de la situation du crédit au niveau national». Il a aussi souligné que la BCE ne pourrait pas tout faire et que la Banque européenne d’investissement ou les Etats devraient aussi agir.
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