La BCE offre une légère détente aux marchés européens
Benoît Cœuré savait ce qu’il faisait. L’évocation par le membre français du directoire de la BCE d’une légère augmentation temporaire des rachats d’obligations avant la baisse traditionnelle de la liquidité anticipée durant l’été a permis d’offrir un répit aux marchés sur la séance d’hier. L’euro cédait ainsi 1,5% contre dollar pour repasser sous le seuil de 1,12, avec un fort rebond de la volatilité implicite à un mois à 12,6%.
Parallèlement, l’ensemble des rendements des obligations d’Etat de la zone euro, y compris les taux grecs, se détendaient à hauteur de 8 à 10 pb. Le rendement du Bund allemand est revenu à 0,56% après avoir atteint un plus haut depuis décembre de 0,72% une semaine plus tôt, mais reste en hausse de 50 pb depuis son plus bas de mi-avril.
Revenant sur les tensions récentes sur le marché obligataire, Benoît Cœuré a estimé qu’elles ne constituent pas en soi une source d’inquiétude. «Il s’agit d’une correction de marché qui recrée une évolution à deux sens sur les marchés. Les effets de notre programme se faisant sentir, certaines des prévisions les plus pessimistes sur les perspectives de croissance et d’inflation sont en train d’être révisées».
Ces propos «arrivent au parfait moment pour faire baisser l’euro et les taux et pourraient être une manière de détendre les conditions monétaires de façon préventive avant une bonne surprise sur les chiffres d’inflation en mai publiés le 2 juin et une possible révision à la hausse des prévisions du staff de la BCE le lendemain», estime Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
Les signes de succès du QE auraient tendance à alimenter la hausse des taux, mais SG CIB précise que «le calendrier des émissions souveraines en zone euro reste chargé et les Bunds pourraient avoir du mal à rebondir avant l’émission de Bund 2046 la semaine prochaine. Ce n’est qu’à la mi-juin que la structure des cash-flows commencera à s’améliorer et le mois de juillet s’annonce très favorable. C’est à ce moment-là que les obligations cash européennes auront le plus de facilité à se reprendre, alors qu’elles restent actuellement en difficulté».
Or, «pour le moment, le QE semble être surtout être une machine à produire de la volatilité», comme le rappelle René Defossez, stratégiste chez Natixis. Une volatilité extrême que Benoit Coeuré a mise sur le compte de la baisse de la liquidité.
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