La BCE met en place un cycle vertueux sur les anticipations d’inflation

Si les points morts d’inflation à long terme ont fortement rebondi depuis deux semaines, ils restent bien inférieurs à leur moyenne historique.
Patrick Aussannaire

L’extension du programme de rachats d’actifs de la BCE aux obligations des Etats de la zone euro pour faire revenir l’inflation vers son objectif de 2%, a déjà produit des effets. Depuis son point bas de 1,48% atteint mi-janvier, le taux de swap inflation euro 5 ans dans 5 ans a rebondi de 29 pb à 1,77% vendredi, après avoir atteint 1,82% en séance. Le point mort des obligations indexées allemandes à 10 ans s’est également redressé de 45 pb depuis le 6 janvier pour dépasser le seuil de 1% pour la première fois depuis novembre dernier.

«La BCE a regagné sa crédibilité en matière de ciblage de l’inflation», estime ainsi Jonathan Baltora, gérant taux chez Axa IM.

Le QE comprendra les titres indexés sur l’inflation. «Compte tenu de la plus faible liquidité des linkers, la BCE pourrait assez facilement manipuler les points morts, et donc les anticipations d’inflation par le marché», craint néanmoins René Defossez, stratégiste chez Natixis. En principe, ces achats devraient être cohérents avec leur poids dans la dette souveraine totale européenne, comme ce fut le cas pour le QE de la Fed. SG CIB anticipe des rachats de 4 milliards d’euros par mois, dont 1,7 milliard de titres français (42%), 1,3 milliard italiens (33%), 1 milliard allemands (22%) et 160 millions espagnols (4%). «Le fait que la BCE ait délégué une grande partie des rachats aux banques centrales nationales devrait limiter les risques de déformation des prix de marché», tempère Jonathan Baltora.

Malgré le rebond récent, les anticipations d’inflation à long terme restent toujours inférieures de 55 à 60 pb à leur moyenne historique. Le rebond des points morts allemands à 5 ans hors de la zone négative à 0,24% «ne signifie pas du tout que le marché exclut désormais un épisode déflationniste», ajoute René Defossez. L’inflation en zone euro est tombée à - 0,2% en décembre, avec une contribution négative des seuls prix du pétrole de 0,7 point.

La chute de l’euro de 20% contre dollar depuis avril 2013 et de 11% contre yen depuis début décembre «permettra d’endiguer la spirale désinflationniste», estime Jonathan Baltora, avec un impact de change positif attendu sur le niveau d’inflation de +0,5 point. En outre, Goldman Sachs a relevé ses prévisions de croissance en zone euro de 0,3 point cette année, à 1,2% et de 0,2 point pour 2016 à 1,6%, du fait de l’impact positif attendu de la baisse des prix du pétrole sur l’activité, qui devrait se répercuter sur l’inflation.

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