La BCE fourbit ses armes monétaires contre les risques déflationnistes
La stratégie monétaire de la BCE revient sur le devant de la scène. Si la réunion mensuelle du conseil des gouverneurs qui se tient aujourd’hui devrait se solder par un statu quo après la baisse surprise du taux directeur ramené à 0,25% en novembre, la publication mardi des chiffres de l’inflation en zone euro «rappelle que la politique monétaire accommodante menée par la BCE est loin d’être terminée», souligne ING.
Sous l’effet de facteurs techniques avec un changement de calcul en Allemagne, la hausse des prix à la consommation a ralenti à 0,8% et à un plus bas historique de 0,7% pour l’indice sous-jacent en décembre, dans un contexte de «quasi-absence de risques inflationnistes à moyen terme», comme le montre la contraction des prêts aux entreprises, rappelle ING. Un niveau qui devrait rester stable sur le premier semestre avec le ralentissement des mesures d’austérité budgétaire qui ont permis une nécessaire baisse des prix et salaires des pays périphériques comparés à ceux de l’Allemagne, ainsi que de la réduction des bilans des banques, selon RBS.
Dans ce contexte, CA CIB estime que «seules une matérialisation des risques déflationnistes et une révision à la baisse de ses projections d’inflation à moyen terme inciteraient la BCE à modifier son discours», avec en ligne de mire l’évolution du taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans qui détermine l’ancrage des anticipations à moyen terme. Malgré le lancement officiel du «tapering» de la Fed, le rendement à 10 ans a chuté de 43 pb à 3,78% en Espagne depuis fin décembre, de 35 pb à 3,86% en Italie, de 74 pb à 5,22% au Portugal, de 69 pb à 7,49% en Grèce, et le Bund allemand de 7 pb à 1,88%. L’euro est quant à lui revenu de 1,38 contre dollar à 1,359 hier, soit une dépréciation de 1,5%.
En dépit de l’apparente détente des tensions sur le marché monétaire, avec une chute de l’Eonia de 0,45% le 31 décembre à 0,10% hier, l’excès de liquidité de la BCE devrait se rapprocher cette semaine du seuil de 150 milliards d’euros, après la stérilisation du programme SMP de 179 milliards et l’opération MRO de 112,5 milliards.
L’Euribor 3 mois et le taux Eonia «forward» un an dans un an restent tous deux au-dessus du taux de refinancement, à respectivement 0,28% et 0,29%. «Plus que jamais, il serait opportun de suspendre la stérilisation du programme SMP et laisser ainsi les marchés s’ajuster à ces nouvelles conditions», estime ainsi CA CIB.
Plus d'articles du même thème
-
Un tiers des successions des dirigeants du SBF 120 en 2025 n’était pas planifié
La succession des directeurs généraux est devenue une priorité permanente de gouvernance. Une bonne préparation dépend de la qualité de la relation du conseil avec le dirigeant en place. Quand ce dernier est doté d’une forte personnalité, la gestion de la succession risque d’être plus complexe. -
Les fabricants de puces forcent la porte du «club des 1.000 milliards» en Bourse
Mardi, Micron a franchi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière après qu'UBS a presque triplé son objectif de cours. Mercredi, le sud-coréen SK Hynix lui a emboité le pas. -
Les 3M, ces trois freins à la guerre qui n’ont plus d’effet
La pression sur Donald Trump liée aux élections de mi-mandat, aux marchés et aux munitions (les 3M) devait aboutir à une désescalade rapide du conflit en Iran, et guider des arbitrages qui n’ont pas vraiment eu lieu sur les marchés financiers. De quoi craindre un potentiel enlisement. -
Inetum accompagne la Banque d'Espagne sur l'euro numérique
Même si le vote de l'euro numérique à Bruxelles est retardé, les travaux sur sa version pilote sont déjà enclenchés. Alors que l'appel à candidatures pour les PSP vient seulement de se terminer pour la Banque de France, la Banque d'Espagne avance avec le français Inetum. -
La Cour des Comptes prescrit des économies en urgence à la Sécurité sociale
En présentant leur rapport sur le financement de la protection sociale, les magistrats ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures d’économies pendant qu’il est encore temps. -
Face au choc agroalimentaire qui se prépare, l’Europe décide de soutenir ses agriculteurs
Un plan assurant les approvisionnements en engrais a été adopté par le Conseil européen, alors que la FAO prévoit une crise alimentaire dès cette année en Afrique et en Asie.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- L'Esma propose deux candidatures pour sa présidence
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Indépendance AM lance une part ETF sur son fonds Europe Mid
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Ce qui nous attend« Avec l'IA, les entreprises vont avoir besoin de beaucoup d’experts à la croisée du juridique et de la tech »
Pour Vincent Huguet, cofondateur et CEO de Malt, le besoin de conformité à venir des entreprises pour satisfaire aux règlementations européennes va faire naître de nouveaux métiers, à l'image des délégués à la protection des données (DPO) lors du RGPD. -
InnovationNouvelles techniques de génétique végétale : les députés européens à l'heure des choix
Le cadre réglementaire européen pour les « nouvelles techniques génomiques » (NGT) de sélection variétale est entré dans sa dernière ligne droite, avec des oppositions farouches -
« C’est une capitulation » : la mise en garde de Bruno Retailleau au gouvernement sur l'immigration de travail
Interrogé par l’Opinion, le candidat des Républicains à la présidentielle dénonce la tentation de desserrer les critères de régularisation. « Comme d’habitude, le gouvernement risque de se coucher devant les injonctions de la gauche, accuse-t-il. Il ne cherche qu’une occasion d’ouvrir les vannes »