La BCE décrit la feuille de route vers l’union bancaire
Après l’accalmie du premier trimestre, la situation de la zone euro s’est à nouveau compliquée depuis avril. Dans ce contexte, les perspectives en matière de stabilité financière restent «très difficiles», indique la Banque centrale européenne (BCE) dans son dernier rapport publié hier.
L’institution de Francfort identifie trois principaux risques: une aggravation de la crise de la dette en zone euro, une baisse de la rentabilité des banques liée à la faible croissance économique et une réduction trop rapide de l’effet de levier dans les banques. «Il n’y a pas de place pour la complaisance dans la mise en place des ajustements nécessaires, à la fois de la part des gouvernements et des banques», conclut-elle. La BCE préconise cinq domaines dans lesquelles des politiques rigoureuses doivent être menées.
Entre autres, les efforts en matière de discipline budgétaire et de réformes structurelles doivent se poursuivre, les modèles des banques doivent changer et la surveillance économique et budgétaire doit être renforcée. Mais au-delà de ces bases nécessaires à une union monétaire «durable», «il est maintenant nécessaire (…) de concevoir une union bancaire», indique la BCE, réitérant ainsi les récents appels de son président, Mario Draghi.
Elle demande d’abord un renforcement de la supervision du secteur bancaire dans la zone euro afin d’accroître l’intégration financière. Dans une tribune au Wall Street Journal publié hier, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer insiste d’ailleurs sur le rôle de la BCE et des banques centrales nationales en matière de supervision. Ces dernières sont «bien équipées» pour être l'épine dorsale de l’union financière, estime-t-il. Elles assureraient la mise en œuvre d’une supervision décentralisée, la prise de décision étant, elle, centralisée. Cette surveillance doit concerner toutes les banques, régionales ou internationales.
La fédéralisation de la supervision bancaire est un pré-requis à la création d’un fonds européen de garantie des dépôts, assure Christian Noyer. Et ce fonds lui-même permettrait de casser le cercle vicieux entre les risques souverains et bancaires. Enfin, un seul régime de résolution bancaire doit être mis en place pour réduire le risque pour les contribuables. «Ces mesures demanderont du temps, du courage et de la détermination», reconnaît Christian Noyer.
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