La bataille pour succéder à Dominique Strauss-Kahn est lancée
Les déboires de Dominique Strauss-Kahn font ressurgir les ambitions. Le rejet de la demande de remise en liberté sous caution présentée hier par ses avocats à un juge pénal de Manhattan et son placement en détention préventive semblent avoir porté l’estocade finale au patron du FMI. John Lipksy a reconnu que l’organisation traversait des heures difficiles, mais a tenu à assurer que «le FMI poursuit ses activités sans interruption et que l’expérience et le professionnalisme du personnel combinés à notre capacité à travailler avec tous les pays allaient rendre cela possible».
D’ailleurs, le FMI a accordé hier une nouvelle tranche d’aide à l’Irlande de 2,24 milliards de dollars. Son directeur général adjoint, Naoyuki Shinohara, a jugé que les mesures prises depuis la fin de l’année dernière ont déjà montré des effets positifs, et que la réforme annoncée du système bancaire irlandais ainsi que les recapitalisations constituaient «des étapes majeures».
Réuni lundi à Washington sous la houlette de son directeur général par intérim, John Lipksy, pour faire un point dans l'«affaire Dominique Strauss-Kahn», le conseil d’administration du FMI a indiqué continuer «à suivre l'évolution de la situation». La démission de DSK ne faisant plus de doute au sein de l’institution. Derrière les formules laconiques, la réflexion sur la succession est devenue urgente et les prétendants commencent à sortir du bois.
Les officiels européens ont lancé les débats dès hier en faisant pression pour que les rênes du FMI soient reprises par un européen afin de gérer la crise de la dette souveraine au plus proche des intérêts des pays de la zone euro. La chancelière allemande, Angela Merkel, a ainsi déclaré qu’il y avait de «bonnes raisons» de proposer un candidat européen. Et un porte-parole du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d’aller plus loin en indiquant que l’organisation proposerait un candidat si DSK démissionnait de ses fonctions. Gordon Brown, l’ancien premier ministre britannique, a d’ores et déjà fait acte de candidature, selon le Financial Times. Mais le quotidien évoque une candidature «naturelle» de Christine Lagarde.
Traditionnellement, c’est un américain qui dirige la Banque Mondiale et un européen le FMI. Mais DSK a ouvert durant son mandat la gouvernance aux pays émergents et certainement réveillé des revendications.
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