La banque privée de la Société Générale muscle son jeu en Asie
Alors que la crise financière a laissé des traces dans les banques privées, la croissance et l’accumulation de richesses en Asie sont un relais de croissance indispensable. Société Générale Private Banking (SGPB) – qui entend porter ses actifs sous gestion de 85 à 150 milliards d’euros entre 2010 et 2015 – a modifié sa gouvernance. Elle a créé une direction unique pour l’Asie du Sud et la Chine (hors Hong-Kong), ainsi qu’un comité stratégique Asie-Pacifique.
Précédemment directeur «Asie du Sud» (qui correspond grosso modo aux pays de l’Asean), Olivier Gougeon devient directeur général de la région Asie-Pacifique, qui emploie environ 500 collaborateurs sur les 2.800 que compte SGPB. Patrick Dreyfuss, déjà directeur des opérations, a été nommé DG adjoint de cette zone. Quant au comité stratégique, présidé par Alex Fung (DG du bureau de Hong-Kong), il comprend Olivier Gougeon, Hsiao-Yun Lee (directrice pour la Chine) et Bruno Lèbre, membre du comité exécutif de SGPB et superviseur des activités en Asie.
«Concrètement, les bureaux de Pékin et de Shanghai, qui fonctionnaient de manière autonome, vont se rapprocher de ceux de Hong-Kong et Singapour», explique à L’Agefi Bruno Lèbre. Dans la région, Singapour joue le rôle de la Suisse, en termes de fiscalité comme de secret bancaire. La cité-Etat attire par exemple de nombreux capitaux indiens.
Par le passé, les grandes fortunes asiatiques adoptaient une approche de court terme, proche du trading. Mais la crise est passée par là et la banque estime qu’elle pourra tirer son épingle du jeu dans le contexte actuel. «Aujourd’hui, la clientèle recherche une offre plus large, en termes de produits comme de services. Par exemple, les mandats de gestion se développent fortement, alors les clients étaient traditionnellement nettement moins demandeurs qu’en Europe. Cette tendance est favorable au développement du conseil», poursuit le dirigeant.
En Asie, SGPB ne vise que les patrimoines disponibles supérieurs au million d’euros, excluant de ce fait la catégorie mass affluent. En dehors de cet aspect, intangible, elle fera preuve d’opportunisme. «Nous avons adopté une logique de croissance organique, mais nous pourrons le cas échéant envisager le recrutement d’équipes de banquiers et n’excluons pas non plus d’étudier d’éventuelles opportunités d’acquisition pour nous développer en dehors des villes où nous sommes établis.»
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