La Banque nationale suisse reçoit le renfort de ses banques
UBS tente à son tour d’endiguer les flux vers le franc suisse. Quelques jours après sa rivale Credit Suisse, la banque a indiqué hier qu’elle appliquerait à son tour des taux d’intérêt négatif sur certains comptes en francs de ses contreparties bancaires étrangères, à compter du 21 décembre. «Nous encourageons nos clients à maintenir leurs soldes en francs suisses aussi bas que possible, en tenant compte de leurs besoins habituels de clearing cash auprès de nous», a indiqué UBS dans un message transmis à travers le système de messagerie Swift.
Le groupe avait déjà commencé à facturer en août 2011 les dépôts sur ces comptes, mais uniquement les flux inhabituellement élevés. Comme Credit Suisse, cette mesure touche une catégorie particulière, les comptes de correspondants (nostro/vostro, dans le jargon des banquiers), qui sont utilisés par les banques pour régler des opérations en devises étrangères dans des délais brefs. Mais ces contreparties bancaires ont commencé à y parquer des réserves de plus en plus importantes en francs suisses, et pour des durées de plus en plus longues, attirées par le caractère de valeur refuge de la devise.
Pour Credit Suisse et UBS, ces flux posent un double problème. Les deux groupes ne peuvent gagner le moindre centime sur ces dépôts en replaçant les liquidités à court terme compte tenu de la politique de taux zéro de la Banque nationale suisse (BNS). Ils sont par ailleurs obligés de mobiliser du capital réglementaire face à ce qui est considéré comme un engagement.
La décision d’UBS a fait baisser le franc de 1,208 à 1,212 pour un euro, un mouvement déjà constaté après les annonces de Credit Suisse. Les deux banques prêtent de fait main forte à la BNS, qui s’est efforcée de décourager les flux vers le franc en instaurant un peg à 1,20 en septembre 2011 et en achetant massivement de l’euro.
La banque centrale a accru ses réserves de change de près de 200 milliards de francs entre mars et septembre. Mais la baisse des réserves en octobre et en novembre «laisse penser qu’elle ne fait plus face au même niveau de flux entrants», soulignent les stratégistes change de Citigroup.
Après les annonces de ses banques, la réunion de politique monétaire de la BNS demain sera particulièrement suivie. Le scénario de taux directeurs négatifs, même s’il n’est pas central, gagne en vigueur sur les marchés.
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