La Banque de France s’inquiète du creusement du déficit courant
Lors de la présentation de son rapport 2012 sur la balance des paiements, la Banque de France a mis en garde hier contre le «double déficit» qui pèse sur la France: celui des comptes publics et celui de la balance des paiements. Christian Noyer, le gouverneur de l’institut d'émission, a insisté hier sur la «persistance d’un déficit important des transactions courantes, en particulier vis-à-vis de la zone euro», ce qui justifie «un rétablissement urgent de la compétitivité» du pays.
L’an dernier, le déficit des comptes courants qui retracent les flux de biens et de services, de revenus, de transferts de capitaux et les flux financiers entre la France et le reste du monde, s’est creusé à 44,4 milliards d’euros après 35,2 milliards en 2011. Persistant depuis 2005, le déficit cumulé est de 201,6 milliards d’euros.
«Ce n’est pas la super compétitivité de la Chine qui nous pénalise mais plutôt notre manque de compétitivité par rapport à l’Allemagne et aux autres partenaires de la zone euro», a insisté Christian Noyer. Le déficit des échanges vis-à-vis des autres pays de la zone euro a été de 70 milliards l’an dernier après 65 milliards en 2011 ce qui représente le double environ du déficit total.
Plus du tiers de ce déficit provient des échanges avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Pour Christian Noyer, il s’agit d’un «problème de compétitivité relative». Une dépréciation du taux de change de l’euro ne permettrait donc pas de remédier au décrochage commercial de la France à l'égard de ses voisins qui partagent aussi la monnaie unique.
En revanche, les échanges hors de la zone euro ont dégagé en 2012 un excédent de 33 milliards grâce aux grands partenaires commerciaux traditionnels comme le Royaume-Uni, le Japon ou les Etats-Unis. Le déficit avec la Chine s’est même réduit l’an dernier à 8 milliards après 10 milliards en 2011. Pour compenser ses déficits, la France doit accroître ses emprunts à l’étranger.
La position extérieure nette de la France qui représente le patrimoine ou l’endettement net du pays vis-à-vis de l’extérieur, est devenue un peu plus débitrice, à hauteur de 430 milliards en valeur de marché soit 21,1% du PIB contre 18% en 2011. «La France se situe en deçà du seuil critique», mais «un suivi attentif de ces évolutions s’impose car une position extérieure saine est un gage d’indépendance financière», avertit Christian Noyer.
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