La Banque d’Angleterre garde la même recette face à la contraction de l’activité
La BoE relève de 50 milliards de livres ses rachats de dette. Au deuxième trimestre, le PIB devrait baisser pour la troisième fois d’affilée
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Violaine Le Gall
Son taux directeur étant déjà très bas, à 0,50%, la Banque d’Angleterre n’a pas adouci sa politique monétaire conventionnelle hier, à la différence de la BCE ou de la Banque centrale de Chine. Elle a en revanche annoncé une nouvelle extension de son programme de rachat d’actifs, en place depuis janvier 2009. Il dispose de 50 milliards de livres sterling supplémentaires, ce qui le porte à 375 milliards. L’annonce était attendue puisque, le mois dernier, quatre des neuf membres du comité de politique monétaire, dont le gouverneur Mervyn King, avaient déjà voté en faveur d’un nouvel élargissement de l’assouplissement quantitatif.
Il faut dire que la Banque d’Angleterre doit faire face à des perspectives difficiles. Le Royaume-Uni est en récession depuis le quatrième trimestre 2011. Après deux baisses successives du PIB de 0,3%, l’activité devrait encore se contracter au deuxième trimestre, d’après les économistes. Le PIB sera publié le 25 juillet. La crise de la zone euro affecte en effet les exportations britanniques et pèse sur la confiance des entreprises. Dans ce contexte, le ralentissement économique va probablement persister, estime la BoE.
La nette baisse de l’inflation depuis l’automne dernier, qui est passée de plus de 5% à 2,8% fin mai, a donné à l’institut d'émission une plus grande marge de manœuvre: elle peut faire marcher la planche à billets sans craindre une forte hausse de l’indice des prix.
Mais l’effet du programme non conventionnel de la BoE reste incertain sur l'économie réelle. «Nous avons toujours des doutes quant au succès qu’aura un assouplissement quantitatif supplémentaire, prévient James Knightley, économiste chez ING. Toutefois, comme la BoE a peu d’options alternatives, nous nous attendons à ce qu’elle se tienne à son programme de rachat d’actifs».
La banque centrale devrait annoncer en novembre prochain un nouvel élargissement de son programme, une fois que les 50 milliards annoncés hier auront été consommés, prédisent plusieurs économistes. D’ici là, elle devrait ajouter une corde à son arc. Le programme «financer pour prêter» annoncé mi-juin devrait être lancé «sous peu», indiquait hier la BoE. Les modalités de ce nouveau dispositif conçu conjointement avec le Trésor ne sont pas encore connues.
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