La Banque centrale européenne songe à fortifier sa base de fonds propres

Des pertes potentielles liées aux achats d’obligations depuis mai suscitent des inquiétudes. La BCE envisagerait de doubler son capital
La Rédaction

L’option d’un doublement du capital de la Banque centrale européenne (BCE) est sur la table, a rapporté Reuters lundi soir de sources proches de l’institution. Cette demande pourrait être formulée auprès de l’ensemble des participants à la monnaie unique. En tant que première puissance économique de la zone euro, l’Allemagne apporte à elle seule près de 20% du capital de la BCE. Viennent ensuite la France (près de 14%), l’Italie (12,5%) et l’Espagne (8,3%). Les banques centrales de la zone euro, qui représentent au total près de 70% du capital souscrit, se répartissent les pertes et les bénéfices de la BCE. Parmi les pays qui ne participent pas à la monnaie unique, la banque d’Angleterre occupe la première place (14,5%), suivie de la Pologne (5%) et de la Roumanie (2,5%).

La BCE ajuste cette répartition tous les cinq ans, en fonction de la part des différents pays dans la population totale et le PIB de l’Union européenne (à proportion égale), ainsi que lors de toute nouvelle adhésion. Ces ajustements sont opérés sur la base des données fournies par la Commission européenne. Selon le dernier rapport annuel de la BCE, son capital souscrit avoisine 5,8 milliards d’euros alors que la taille de son bilan approche les 138 milliards d’euros.

C’est la stratégie d’achats de titres obligataires depuis le mois de mai dernier qui attise les inquiétudes. «En ce moment, les montants achetés par la BCE restent modestes, mais qui se passerait-il si, d’une part, les volumes achetés augmentaient de manière sensible et que, d’autre part, les obligations perdaient tout à coup 30% de leur valeur ?», se demande l’une des sources citées par Reuters. Depuis plus de sept mois, le montant total des titres obligataires achetés s'élève à 72 milliards d’euros, avec une nette accélération au cours des dernières semaines (lire aussi page 2).

La BCE ne donne pas de détails sur ces achats mais la plupart des analystes estiment que la banque centrale concentre ses achats sur la dette des pays en difficulté tels que l’Irlande, la Grèce et le Portugal. L’institution de Francfort n’a pas tenu à apporter de commentaires aux informations de Reuters.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...