La Banque centrale européenne garde l’arme au pied
La Banque centrale européenne (BCE) a surpris plus d’un économiste hier. Alors que la faiblesse de l’inflation continue d’inquiéter, elle a maintenu son taux directeur inchangé à 0,25% et s’est gardée d’annoncer de nouvelles mesures non conventionnelles.
«La barre qui justifierait un passage à l’action semble plus haute que nous le pensions», analyse Marco Valli, chef économiste chez Unicredit. Même s’il y a eu un débat au sein du comité de politique monétaire sur les taux et les autres outils que pourrait utiliser l’institution, son président, Mario Draghi a expliqué que l’amélioration des conditions économiques et financières depuis le mois dernier avait convaincu de la pertinence du statu quo.
Le taux d’inflation annuel est resté stable en février à 0,8%. Même s’il devrait rester proche de ce niveau à l’avenir, notamment sous l’effet de la baisse des prix de l'énergie, les prévisions à trois ans publiées pour la première fois hier, attestent d’un redressement progressif de l’inflation vers la cible de la BCE. Elle devrait ainsi atteindre 1,7% au dernier trimestre 2016.
Mario Draghi a aussi insisté sur l’amélioration progressive des conditions économiques. Même si le crédit reste déprimé dans la zone euro et que les capacités de production demeurent largement sous-utilisées, la croissance au dernier trimestre 2013 (d’un trimestre sur l’autre) à 0,3% et les indices PMI, notamment dans les services, témoignent d’un redressement de l’activité. Les prévisions de croissance ont d’ailleurs été revues légèrement à la hausse, à 1,2% en 2014, 1,5% en 2015 et 1,8% en 2016.
Le banquier central a aussi fait valoir que les raisons qui justifieraient un nouvel assouplissement monétaire, telles que le resserrement des conditions sur les marchés monétaires, ne se sont pas concrétisées. Interrogé sur la force de l’euro – qui était monté à 1,386 face au dollar hier - il a reconnu qu’il pouvait peser sur l’inflation mais a invité à ne pas surestimer son rôle.
«De nouvelles actions sont possibles mais seulement si les tensions sur le marché monétaire augmentent et/ou si les perspectives d’inflation se détériorent», conclut Carsten Brzeski, chez ING. Pour l’économiste de Citi, Guillaume Menuet, la BCE sera tout de même obligée d’abaisser son refi, de 10 pb, dans les prochains mois. La probabilité d’un arrêt de la stérilisation du programme d’achat de dette (SMP) a diminué car Mario Draghi a expliqué que cette mesure aurait un impact limité.
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