La Banque centrale coréenne anticipe les effets de la crise européenne
Elle a surpris les investisseurs en baissant son taux directeur de 25 points de base. La banque centrale japonaise est restée attentiste
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Solenn Poullennec
Alors que la Banque du Japon (BoJ) est restée hier attentiste, la Banque centrale coréenne a surpris les investisseurs hier en abaissant son taux directeur de 25 points de base, à 3%. C’est la première fois depuis le mois de février 2009, que la banque annonce un assouplissement. Cette décision n’a pas été prise à l’unanimité. Qualifiée de préventive, elle est motivée par les mauvaises perspectives de l’économie domestique et mondiale.
La banque de Corée du Sud se rallie ainsi à la politique accommodante de la Banque centrale européenne et de la banque centrale chinoise qui viennent d’abaisser leurs taux d’intérêts, de la Banque d’Angleterre qui a augmenté son programme de rachats d’actifs et de la Fed qui a prolongé son programme «Twist», sans oublier le Brésil.
Les banquiers centraux coréens soulignent que les risques de baisse de la croissance se renforcent notamment «à cause du haut degré d’incertitudes qui entoure la crise budgétaire européenne». Le gouvernement a récemment révisé sa prévision de croissance pour cette année de 3,7% à 3,3%. L’inflation est quant à elle descendue à 2,2% en juin, soit en dessous de la cible située autour de 3%. La Banque estime qu’elle restera sous cette cible, «pour le moment».
«Nous attendons une nouvelle baisse des taux de 25 points de base, probablement au cours de ce trimestre», estiment les analystes de Crédit Agricole CIB. Selon eux, la Banque centrale devrait pourtant s’en tenir là ensuite car ils tablent sur une croissance faible cette année (3,6%) mais non sur une récession.
Dans le même temps, la BoJ n’a pas touché à ses taux. Elle s’est contentée d’annoncer des ajustements à sa politique accommodante. Elle a augmenté son programme de rachats de billets de trésorerie des 5.000 milliards de yens, à 45.000 milliards de yens. De l’autre côté, elle a annoncé une baisse de même montant à 25.000 milliards de yens, des allocations de liquidité à taux fixe (contre du collatéral).
«Nous considérons que ces changements ne correspondent pas à un assouplissement monétaire mais sont des ajustements techniques qui doivent permettre d’atteindre les objectifs du programme de rachat d’actifs», écrivent les analystes de Barclays Capital. La banque a en effet manqué certaines de ses injections de liquidité récemment.
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