La «bad bank» espagnole se soumet à ses premiers tests de marché
La Sareb est sur le point d’atteindre son véritable rythme de croisière avec le Projet Bermudes, une opération qui vise à vendre un portefeuille de crédits à des promoteurs pour une valeur nominale de 1,2 milliard d’euros. Ce paquet comprend une partie des prêts octroyés par les banques nationalisées ou subventionnées à Metrovacesa, Colonial et Realia. La vente du portefeuille constitue un premier test crucial pour la structure de défaisance espagnole car les actifs financiers (prêts, etc.) représentent environ deux tiers des 37 milliards d’euros d’actifs toxiques dont elle a hérité, contre un tiers de biens immobiliers, selon Cinco Días.
Jusqu’à maintenant, les résultats atteints par la «bad bank» espagnole sont jugés timides par les experts en comparaison avec les objectifs qu’elle s’était fixés. En mai dernier, la Sareb s’était débarrassée de 700 logements, annoncait la présidente de la société, Belén Romana. Un chiffre qui est encore bien loin des 45.700 logements qu’elle possède en stock. «Ce n’est pas vraiment brillant en comparaison avec l’objectif de vendre 3% des actifs qu’elle possède en 2013», souligne Manuel Romera, directeur du secteur financier de l’IE Business School.
Une des raisons de cette lenteur réside dans le fait que n’étant pas vraiment une banque avec une licence bancaire, la Sareb ne peut octroyer des crédits pour le financement de ces logements, estime Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’IEB de Madrid.
La semaine dernière, lors de la quatrième rencontre sur la réforme du système financier, la présidente de la Sareb assurait que les accords de financement signés avec les banques espagnoles et la création de fonds d’actifs bancaires (FAB) allaient permettre de surmonter cet obstacle et vendre ces actifs immobiliers plus facilement.
Afin d’augmenter le rythme de ces ventes au détail, la Sareb vient aussi de lancer une opération de séduction auprès de grands investisseurs et fonds internationaux tels que Lone Star, Cerberus, Apollo, Colony ou Centerbrige pour vendre les actifs d’un portefeuille de biens physiques surnommé Project Bull. Ces fonds internationaux doivent présenter avant le 17 juillet prochain des offres contraignantes pour les 39 meilleurs immeubles de ce portefeuille, d’une valeur estimée de 200 millions d’euros.
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