Julius Baer entend accélérer la cadence avec l’intégration de Merrill
Julius Baer mise gros sur l’intégration en cours des activités de gestion de fortune de Merrill Lynch hors des Etats-Unis, IWM (International Wealth Management). En témoigne le discours de la banque privée suisse hier à l’occasion de la présentation de ses résultats 2012. Ces derniers ne tiennent pas encore compte d’une opération dévoilée l’été dernier et ayant franchi un cap important vendredi 1er février avec le rachat effectif par Julius Baer de Merrill Lynch Bank (Suisse), basée à Genève. Une étape correspondant à un apport de 11 milliards de francs suisses (8,9 milliards d’euros) qui porte les actifs sous gestion du groupe suisse au-delà des 200 milliards. Le processus complet doit durer deux ans, passant par l’apport complémentaire de quelque 60 milliards environ.
L’an passé déjà, le montant des actifs gérés a progressé de 11,2% à 189,3 milliards. Certes, cette hausse, atténuée par un effet changes négatif d’un milliard de francs, doit davantage à celle des marchés (pour 11 milliards) qu’à une collecte nette de 9,7 milliards. Si cet apport de capitaux est satisfaisant au regard des objectifs (5,7% des actifs à fin 2011 contre un objectif à moyen terme inchangé de collecte annuelle de 4 à 6%), il marque toutefois le pas après plusieurs années de hausse (10,2 milliards en 2011). Julius Baer se targue d’une contribution positive, comme les années précédentes, de l’ensemble des zones géographiques, tout en précisant qu’une majorité de la collecte a trouvé sa source dans les «marchés de croissance», à savoir l’Asie, l’Amérique latine, le Moyen-Orient, la Russie et l’Europe centrale et de l’Est.
Julius Baer met précisément l’accent sur ces marchés avec l’intégration d’IWM, qui doit porter leur part à «près de 50%» des actifs. L’opération doit ainsi permettre le doublement de la présence du groupe en Asie, grâce notamment à l’entrée en Inde, ainsi qu’un renforcement en Amérique latine au Chili, en Uruguay ou au Panama. Avec l’arrivée en Europe, à Dublin ou à Madrid, le nouvel ensemble sera présent dans 30 pays, dont 8 nouveaux grâce à IWM.
Alors que le directeur général Boris Collardi s’est félicité hier d’un «bon début d’année 2013», Julius Baer a indiqué avoir engrangé en 2012 un bénéfice net ajusté en hausse de 8% à 433 millions, en dépit d’un tassement de 105 à 96 points de base de la marge brute sur actifs gérés du fait d’une «nouvelle réduction dans l’activité des clients».
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