«Je n’attends pas d’impact majeur du QE sur les émissions d’entreprises»
Dimitri Andraos, responsable de la gestion de taux et crédit de Swiss Life Asset Managers (France)
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Solenn Poullennec
- Quel va être l’impact du QE de la BCE sur le marché du crédit européen?
- Dimitri Andraos : Le QE va changer l’appétit général pour le risque. Le marché du crédit est touché indirectement dans la mesure où la demande pour du papier risqué va se traduire par une baisse généralisée des taux et des spreads. En revanche, pour le bilan des entreprises, le QE ne va pas changer grand-chose, sauf pour les émetteurs financiers. Le portefeuille de titres souverains d’une grande banque de la zone euro sera nécessairement impacté positivement par le QE. Les spreads des entreprises du secteur financier vont donc s’écraser plus que ceux des entreprises non financières. Sur le rythme d’émissions d’obligations je ne m’attends pas à un impact majeur du QE. Au lieu de recourir au financement de marché, les banques pourraient utiliser davantage les TLTRO qui sont devenues un peu moins chères mais ce n’est qu’une hypothèse. Je ne m’attends pas à d’importants changements sur le strict besoin de refinancement des entreprises financières et non financières.
- Dans quelle mesure le QE va-t-il changer votre stratégie?
- Le QE était anticipé. La seule incertitude concernait le montant du programme. Il est plutôt dans le haut de la fourchette de ce qu’on attendait. Tout cela est très positif. Nous étions plutôt exposés sur les marchés de crédit et, sur les obligations financières, on bénéficie d’ores et déjà de la concrétisation du QE. Nous n’avons pas pour l’instant l’intention de changer de stratégie. Nous estimons qu’il y a lieu de continuer d’être positionné sur les obligations corporates plutôt que sur les émetteurs souverains alors qu’on est en taux négatifs sur la dette de l’Allemagne jusqu’à 5 ans. En termes de rating notre préférence va aujourd’hui aux titres notés entre A/A- et jusqu’à BBB+.
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