Euronext veut capter une partie du marché des dérivés échangés de gré à gré
La Bourse européenne, Euronext, va lancer au printemps prochain un nouveau service avec LCH.Clearnet pour assurer la validation et la compensation des opérations sur les dérivés actions échangés de gré à gré (OTC).
Le lancement de ce service, annoncé hier, intervient alors qu’Euronext, indépendant depuis son rachat et sa mise en Bourse par l’américain ICE cet été, s’active pour s’imposer sur le marché des dérivés. Le groupe européen espère anticiper avec ce service les effets de la réglementation européenne (Emir et Mifid 2). Celle-ci va inciter à compenser les dérivés échangés de gré à gré, sous peine pour les utilisateurs de se voir imposer de très lourdes charges en capital. Elle encourage aussi le trading de ces dérivés sur des plates-formes régulées.
«Si nous commençons par capter l’activité de compensation de l’activité de gré à gré aujourd’hui, au fur et à mesure que l’on s’avance vers Mifid 2 nous devrions voir une grande part de cette activité migrer vers la sphère cotée, ce qui nous donnera un avantage par rapport à nos pairs», explique Adam Rose, responsable des dérivés chez Euronext. «Nous pensons qu’il y a une demande immédiate», assure le professionnel.
«Nous fournissons un service de validation des prix, nous nous assurons que l’opération est régulée avant de la laisser être compensée», poursuit Adam Rose. «Sachant que les investisseurs n’auront pas à poster du collatéral à deux endroits, ils pourront bénéficier de netting», insiste surtout le professionnel. Le service, qui se veut particulièrement flexible pour répondre aux attentes des utilisateurs, fonctionnera avec Tradeexpress, une plate-forme développée par l’entreprise technologique suédoise, Cinnober.
Euronext compte bien élargir son service à d’autres dérivés au fur et à mesure du développement de son offre. Le groupe, qui peut déjà se targuer d’avoir un contrat dérivé sur le blé extrêmement traité en Europe, continue d’étendre sa gamme de dérivés de matières premières agricoles. Il a annoncé récemment le lancement d’un complexe de dérivés sur les produits laitiers au printemps prochain.
La Bourse veut aussi se développer sur le marché des autres types de contrats dérivés. Parmi ses initiatives récentes, figure la signature d’un partenariat avec le courtier en ligne Degiro pour regagner des parts sur des dérivés actions aux Pays-Bas face à la plate-forme alternative Tom.
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