Entre référendum et contrôle des capitaux, la Grèce entre dans l’inconnu
L’appel à un référendum sur les propositions des créanciers, le refus de l’Eurogroupe de prolonger le plan d’aide et le gel des liquidités d’urgence par la BCE, toutes ces étapes ont finalement conduit à l’annonce dimanche soir d’un contrôle des capitaux en Grèce. Selon une source citée par Reuters, le conseil grec de stabilité financière, qui s’est réuni dimanche après-midi, a recommandé une fermeture des banques grecques pendant une période de six jours ouvrables. Les retraits en liquide devraient être limités à 60 euros par jour à partir de mardi et les distributeurs devraient être fermés aujourd’hui, au même titre que la Bourse d’Athènes. Ces mesures font l’objet d’un décret présidentiel.
Face à cette perspective d’un référendum dans une semaine, la Commission européenne a publié dimanche «dans un souci de transparence» et d’information des citoyens grecs les dernières propositions faites avant la rupture des pourparlers. «Une décision unilatérale des autorités grecques», selon Bruxelles. Cette liste inclut entre autres une harmonisation des taux de TVA, une réforme des retraites et de la fonction publique, ainsi qu’une réduction du plafond de dépenses militaires et une série de privatisations.
Dimanche après-midi, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, confiait sur Twitter que «la porte est toujours ouverte pour des négociations sur les dernières propositions de la Commission». Côté grec, le ministre des Finances Yanis Varoufakis assure dans un entretien publié ce matin par le journal allemand Bild que la Grèce ne présentera pas de nouvelles propositions à ses créanciers.
«Les chefs de gouvernement de l’Union européenne doivent agir. Et parmi eux, elle (Angela Merkel), qui représente le pays le plus important, a entre les mains la clé» qui permettrait de trouver un accord, affirme-t-il. Yanis Varoufakis ajoute que de nouvelles propositions des institutions pourraient être prises en compte dans le cadre du référendum de dimanche prochain. Hier soir, Alexis Tsipras a estimé de son côté que rien ne pourrait empêcher sa tenue dimanche prochain. Il a demandé aux Grecs d’exprimer un «non retentissant». La chancelière allemande doit réunir dans la journée les dirigeants des principaux partis politiques pour une réunion de crise, tandis que l’Elysée a convoqué de son côté pour ce matin un conseil restreint.
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