Eaton Vance s’implante en France et n’exclut pas des acquisitions
Le marché français de la gestion va compter un nouvel acteur. Peu connu dans l’Hexagone, Eaton Vance Investment Managers gérait pourtant 268,8 milliards de dollars d’actifs au 31 juillet, grâce à une collecte de 8,8 milliards pendant son troisième trimestre fiscal. Fondé à Boston en 1924, il reste lilliputien en dehors de ses frontières: ses clients internationaux ne pèsent qu’une quinzaine de milliards –un maigre 6%.
«Notre objectif est de passer à 10% en trois ans», annonce à L’Agefi Niall Quinn, responsable des activités internationales d’Eaton Vance. A l’heure actuelle, l’Europe représente un quart des montants internationaux gérés, à travers le Royaume-Uni (centre de décision pour la zone), les pays scandinaves, les Pays-Bas et la Suisse.
Si l’Allemagne est dans le viseur à moyen terme, la France est la priorité: la Sicav de droit irlandais du groupe, composée de dix compartiments Ucits, est en cours d’agrément –son obtention est espérée à la fin de l’année. «Lorsque nous avons démarré notre activité en Europe en 2001, nous visions d’abord les grands fonds de pension, qui n’existaient pas en France. Mais aujourd’hui, la palette de nos fonds Ucits s’est enrichie, avec des stratégies susceptibles d’intéresser des clients français», explique Niall Quinn. Eaton Vance va dans un premier temps se concentrer sur les multigérants (tels que AA Advisors par exemple), les sélectionneurs de fonds… mais aussi le Fonds de réserve des retraites.
La société compte en particulier sur ses stratégies «smart beta», proposée par sa filiale Parametric, dont l’encours atteint 18 milliards de dollars. Ces stratégies se concentrent sur des sous-ensembles de valeurs (sociétés à faibles PER, petites capitalisations, etc.). Dans ce registre, Eaton Vance espère nouer un partenariat avec l’Edhec, en répliquant par exemple des indices créés dans le cadre de l’initiative «Smart Beta 2.0» de l’Edhec Risk Institute.
C’est là l’autre intérêt du marché français: «La France est un leader à la fois académique et en terme de savoir-faire, grâce à des sociétés comme Tobam, Ossiam ou Lyxor», affirme Niall Quinn. Puisque l’Hexagone recèle des expertises, Eaton Vance n’exclut pas des acquisitions dans des domaines où il est peu présent, comme des stratégies obligataires mondiales, relativement demandées en Europe. La société met en avant sa culture «multiboutique», puisqu’outre Parametric, elle a également investi dans Hexavest et Atlanta Capital.
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