Dublin cherche une solution qui n’altérerait pas sa souveraineté

Les discussions avec l’Europe et le FMI sur la façon de venir en aide au secteur bancaire irlandais se poursuivront jusqu’à la semaine prochaine
Violaine Le Gall

Après une phase de refus catégorique d’une intervention extérieure, le ton a changé hier alors que des représentants du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Union européenne sont arrivés jeudi à Dublin pour discuter d’une issue à la crise de la dette souveraine et du secteur bancaire.

Un prêt, qui serait tiré si nécessaire (capital contingent), serait la solution la plus souhaitable, a déclaré le ministre des Finances Brian Lenihan. Le gouverneur de la banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, a même évoqué les contours du dispositif qui lui semble le mieux adapté. «Le montant du prêt serait significatif car son but sera de montrer que l’Irlande a suffisamment de force de frappe pour gérer tout problème sur son marché», a-t-il déclaré. L’enveloppe mise à disposition de l’Irlande s’élèverait à «plusieurs dizaines de milliards d’euros», d’après Patrick Honohan. Des économistes estiment que l’Irlande aurait besoin de 100 milliards d’euros. Le taux d’intérêt appliqué à ce crédit serait de l’ordre de 5%, a-t-il ajouté.

Pour le gouvernement irlandais, l’objectif des discussions est de trouver une solution pour le secteur bancaire sans pour autant que les institutions internationales n’aient leur mot à dire sur les finances publiques et la politique fiscale. Le ministre des Finances Brian Lenihan a ainsi expliqué que la mission de l’Union européenne et du FMI ne dicterait pas à l’Irlande quels types de dépenses il lui faudrait réduire ou quelles hausses d’impôt opérer dans le cadre de son programme budgétaire quadriennal, rapporte Reuters.

Cependant, l’Irlande pourrait être contrainte de faire des concessions. Le faible impôt sur les sociétés (12,5%) est dans la ligne de mire des Européens. En échange d’un plan international, l’Europe pourrait bien demander un relèvement de l’impôt sur les sociétés en Irlande. Il est «anormalement bas», a déclaré hier la ministre des Finances française Christine Lagarde sur France Inter.

Le début de la mission du FMI et de l’Union européenne, qui devrait continuer la semaine prochaine, a eu des effets positifs sur le marché de la dette. Le coût de la protection contre le risque de défaut (CDS) de l’Irlande à cinq ans s’est resserré de 43 points de base (pb) à 481 pb.

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