DTZ pourrait quitter la cote pour mieux s’offrir à BNP Paribas
L’action DTZ Holdings a flambé hier à la Bourse de Londres, clôturant la séance sur un gain de 30,77% à 51 pences. Une ébullition qui s’explique par des rumeurs faisant état d’un éventuel remaniement du capital de la société de conseil en immobilier d’entreprise. Selon le Daily Telegraph, SAS Saint George Participations (SGP), actionnaire majoritaire de DTZ avec 55% du capital, échafauderait un plan (affublé du nom de code «Projet Singapour») prévoyant une offre sur le solde du capital. Bien qu’aucune offre formelle n’ait été déposée, le quotidien évoque un prix tournant autour de 60 pences par action et valorisant DTZ à 162 millions de livres (185 millions d’euros environ), contre 137,8 millions hier.
En dépit d’une exposition stratégique au marché chinois, ce niveau de prix est jugé élevé par des courtiers interrogés par Reuters qui rappellent que DTZ est déficitaire. L’idée derrière cette opération consisterait à retirer la société de la cote avant de la revendre à BNP Paribas. Toujours selon la presse britannique, la banque française fusionnerait alors cette activité avec sa filiale BNP Paribas Real Estate avant de la scinder et de la coter d’ici cinq ans. BNP Paribas Real Estate n’a pas souhaité faire de commentaires. De son côté, SGP, conseillée par Hawkpoint Partners, a confirmé à la fois envisager une offre éventuelle sur DTZ et mener des discussions avec BNP Paribas sur ce dossier.
SGP avait assis sa position d’actionnaire de référence en janvier 2009 à l’occasion d’une levée d’urgence de 49 millions de livres destinée à alléger le fardeau de la dette et à passer le cap de la crise qui touchait le secteur de l’immobilier commercial britannique. Sauvé de la débâcle, le groupe, qui compte près de 4.500 employé, affiche néanmoins une situation peu confortable dans un contexte de marché incertain. Ses derniers résultats semestriels (de mai à octobre 2010) laissent apparaître une perte avant impôts de 6 millions de livres, malgré une modeste rentabilité au niveau de l’Ebitda. La société, qui compte pour principaux rivaux CB Richard Ellis et Jones Lang LaSalle, reste par ailleurs entravée par un endettement significatif. Il s'élevait fin octobre 2010 à 80,1 millions de livres, contre 47,5 millions six mois plus tôt.
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