DNCA et Lyxor dominent les OPCVM français

L’Agefi dévoile en exclusivité le bilan 2014 de la gestion collective française réalisé par Europerformance.
Julien Beauvieux
Les OPCVM français ont enregistré une décollecte nette importante de 20,5 milliards d’euros l’an dernier. Illustration L’Agefi.
Les OPCVM français ont enregistré une décollecte nette importante de 20,5 milliards d’euros l’an dernier. Illustration L’Agefi.  - 

A première vue, le bilan 2014 de la gestion collective réalisé par Europerformance - a Six Company demeure morose. Pour la cinquième année consécutive, les fonds ouverts de droit français ont enregistré une décollecte nette importante, qui a atteint 20,5 milliards d’euros l’an dernier. Certains acteurs ont pourtant sorti leur épingle du jeu, à l’image de DNCA Finance, qui a continué de profiter du succès de ses fonds d’allocations et de sa gamme actions. Lyxor AM a de son côté bénéficié d’arbitrages en faveur de la gestion passive.

Sur la deuxième marche du podium en 2013, avec une collecte de 1,1 milliard d’euros, DNCA Finance a de nouveau signé un très bel exercice l’an dernier, avec 1,9 milliard d’entrées nettes. Compte tenu de l’effet de marché, les encours de la société de gestion, dont le capital est amené à évoluer, se sont envolés de 41%, à 7,2 milliards d’euros.

Comme l’an dernier, la dynamique sur les fonds actions est néanmoins restée fragile. Malgré un effet marché positif de 15,6 milliards d’euros, les fonds actions de droit français ont ainsi enregistré une décollecte de 1,9 milliard. «Peu fournie en souscriptions nouvelles, notamment au regard des résultats de la plupart des autres marchés d’OPCVM européens, la classe d’actifs sera restée animée par divers mouvements d’arbitrage», souligne Alexandre Cassan, chargé d'études chez Europerformance.

Principal perdant, Carmignac a ainsi pâti de son positionnement sur les marchés émergents. Alors que les fonds spécialisés dans les actions internationales ont dans leur ensemble subi une décollecte de 2,9 milliards d’euros, la société de gestion a ainsi enregistré des sorties massives de 7,7 milliards d’euros.

En parallèle de cette réorientation géographique, vers les fonds d’actions européennes et asiatiques, les gestionnaires ont également été confrontés à un net regain d’intérêt pour les stratégies passives. Outre Lyxor AM, dont les ETF actions ont attiré 1,7 milliard d’euros, ce mouvement est également illustré par les 900 millions d’euros collectés par les produits indiciels de Theam, qui ont porté le total des flux nets de la société de gestion à 1,7 milliard d’euros, troisième performance du secteur en 2014 pour les OPCVM français.

Comme en 2012, le regain d’aversion pour le risque a par ailleurs été porteur pour la classe d’actifs obligataires, avec une collecte nette de 11,1 milliards d’euros l’an dernier. «Si les grandes structures bancaires restent en situation de rachats, pénalisées par le poids de leur gestion de trésorerie, elles s’arrogent une part significative des flux d’achats obligataires, au même titre que la plupart des généralistes», analyse Alexandre Cassan.

Ces transferts depuis les fonds monétaires vers les fonds obligataires de court terme ont ainsi permis à Amundi de collecter 3,5 milliards d’euros sur les produits de taux, tandis que Natixis AM et La Banque Postale AM ont respectivement engrangé 1,5 milliard et 641 millions d’euros.

Si les trois filiales bancaires ont en revanche pâti de retraits toujours massifs dans le monétaire, cela n’a pas été le cas chez Axa IM. «Les résultats de la collecte sont à l’opposé des allocations qui auront prévalu durant l’année, puisque c’est sa gamme de trésorerie, avec près de 1,3 milliard d’euros de flux d’achats, qui lui assure sa position», relève Alexandre Cassan.

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