Des voix s'élèvent au sein de la Fed pour calmer l’emballement des marchés
Les réactions se multiplient au sein de la Fed pour apporter un contrepoint à l’emballement des marchés face à la perspective d’un ralentissement du QE3 en fin d’année. Les futures sur les taux directeurs américains impliquent désormais au moins trois hausses d’un quart de point, voire quatre, d’ici la fin de 2015. Alors que le président de la Fed de Dallas associait il y a quelques jours les marchés à des «cochons sauvages», détectant les faiblesses ou les mauvaises odeurs, son collègue de la Fed de New York, William Dudley, a contribué hier, dans un langage moins fleuri, à apaiser les esprits. Les marchés actions européens ont clôturé dans le vert (+1,05% pour le CAC 40), suivis par Wall Street (+0,77% pour le Dow Jones).
Lors d’un discours à New York, l’ancien chef économiste de Goldman Sachs a estimé que les attentes d’une hausse des taux anticipée étaient «plutôt en décalage» à la fois avec les communiqués du FOMC et les attentes de la plupart des membres du comité de politique monétaire. William Dudley a ajouté : «Si les conditions du marché du travail et l'élan de la reprise économique venaient à paraître moins favorables que dans les prévisions du FOMC - et c’est ce qui s’est produit ces dernières années - je m’attends à ce que les achats d’actifs continuent à un rythme plus élevé pour plus longtemps».
Le gouverneur de la Fed, Jerome Powell, a lui aussi jugé la réaction des marchés à terme déconnectée des intentions de la Fed, «étant donné ses prévisions». Si le marché met dans les cours une hausse des taux en 2014, «cela implique une performance économique plus forte que la prévision établie aussi bien par la plupart des participants du FOMC que par les prévisionnistes privés», a-t-il indiqué. Le président de la Fed d’Atlanta, Dennis Lockhart, a évoqué de son côté une surréaction des marchés.
Alors que le rendement du T-Note à 10 ans a atteint 2,61% cette semaine, contre 1,63% en mai, William Dudley a jugé que le marché immobilier pourrait ne pas souffrir de cette hausse des rendements, bénéficiant d’une amélioration de la disponibilité du crédit et de taux bas sur une longue période. «Il me semble que les soutiens fondamentaux du marché du logement sont encore très, très solides», a-t-il souligné. Les promesses de ventes immobilières pour le mois de mai, diffusées hier, sont venues confirmer cette analyse. Elles ont progressé de 6,7% le mois dernier, l’indice s'établissant au plus haut depuis décembre 2006.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise. -
Iliad évince Microsoft du Health Data Hub
Le fournisseur de cloud Scaleway, filiale d'Iliad, a été retenu à l’issue d’un appel d’offres pour l’hébergement des données de santé des Français, à la place de Microsoft.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie