De rudes conditions hivernales ont grippé la reprise américaine
La croissance n’a été que «modeste à modérée» dans la plupart des districts en ce début d’année, rapporte le Beige Book de la Fed
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Antoine Duroyon
Le mauvais temps qui s’est abattu sur la côte Est des Etats-Unis a émoussé la reprise économique américaine en ce début d’année. Le Beige Book de la Fed, qui compile les données transmises par les douze districts régionaux jusqu'à début février, a fait état hier d’une croissance «modeste à modérée» pour huit d’entre eux.
Selon le rapport préparé par la Fed d’Atlanta, des conditions hivernales particulièrement difficiles suffisent à expliquer un affaiblissement des ventes au détail dans la plupart des régions, ainsi qu’un ralentissement de l’activité des concessionnaires automobiles.
La neige et les températures glaciales ont aussi «perturbé les chaînes d’approvisionnement et retardé les livraisons» dans de nombreux districts. Même l’emploi a été touché, avec un ralentissement des embauches constaté du côté de Boston, Chicago et Richmond. Si la production du secteur manufacturier n’a pas été épargnée, les correspondants de la Fed ont toutefois fait part de leur «optimisme concernant l’avenir et s’attendent à ce que l’activité industrielle remonte dans les prochains mois». Autre note plus souriante, les intempéries «ont profité à de nombreuses stations de ski», notamment dans les régions de Kansas City, Richmond ou Minneapolis.
Lors d’une audition le 27 février devant le Sénat, la présidente de la Fed, Janet Yellen, évoquait l’impact du mauvais temps sur les statistiques économiques. «Ce que nous devons faire, et que nous ferons dans les prochaines semaines, c’est d’essayer de savoir plus précisément dans quelle mesure ces données moins dynamiques peuvent être expliquées par le mauvais temps et si une partie, le cas échéant, peut être attribuée à des perspectives plus modérées», déclarait-elle alors.
La publication hier de l’enquête ADP, deux jours avant les statistiques mensuelles de l’emploi américain, est venue accroître l’inquiétude. Le secteur privé a créé seulement 139.000 emplois le mois dernier, là où les économistes attendaient un chiffre de 160.000. Lors d’un discours prononcé hier à Washington, Janet Yellen a réaffirmé que la banque centrale ferait son maximum pour soutenir une économie qui «continue de se comporter considérablement en deçà de ses objectifs». Le Comité de politique monétaire (FOMC) se réunira les 17 et 18 mars pour décider d’une éventuelle poursuite de l’allègement de son programme d’achats obligataires.
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