Citigroup fait vœu de grande prudence avec les prêts immobiliers
La banque américaine entend réduire de 45 milliards son exposition d’ici fin 2009, et concrétise la réorganisation de son pôle immobilier
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Benoît Menou
Citigroup réduit la voilure, sans changer de cap. A la suite de la publication d’une perte record proche de 10 milliards de dollars au titre du 4e trimestre 2007, notamment issue de soucis liés au secteur immobilier, la banque américaine opte pour davantage de prudence. Elle a fait connaître hier son souhait de réduire d’un cinquième d’ici la fin de l’année prochaine le volume de son portefeuille de prêts résidentiels aux Etats-Unis. Ce dernier étant actuellement évalué à quelque 220 milliards de dollars, la banque évoque ainsi l’abandon volontaire de près de 45 milliards de dollars d’affaires.
Le Président de CitiMortgage, Bill Beckmann, a prévenu d’un resserrement des conditions d’octroi des prêts, mais la baisse de l’encours se produira aussi naturellement à mesure que les crédits seront remboursés. Le dirigeant concède qu’il restera à l’affût de « ventes opportunistes » de prêts, sans trop y compter toutefois « dans les conditions actuelle de marchés ». Citigroup souhaite distribuer directement par le biais de ses entités, d’ici la fin du 3e trimestre, 90 % des prêts gérés, contre 65 % actuellement. Parallèlement, la production de nouveaux crédits pourrait accuser un repli, souhaité, de 50 %. Une initiative qui devrait encore un peu plus restreindre l’offre de crédit sur le marché pour le consommateur américain.
Citigroup a atteint l’an passé la quatrième place sur le marché américain en termes de production de nouveaux crédits immobiliers à destination de la clientèle de particuliers. La banque a indiqué hier que la réorganisation annoncée en janvier des filiales de son pôle immobilier devrait lui faire bénéficier d’une économie annuelle voisine de 200 millions de dollars. Elle souhaite intégrer à sa branche CitiMortgage ses entités Citi Home Equity et Citi Residential. Bill Beckmann n’a pas souhaité évaluer le nombre de suppressions de postes correspondantes.
Il a confié que cette décision de frilosité au sein du secteur immobilier répondait pleinement aux attentes du nouveau directeur général de Citigroup, Vikram Pandit, qui ne souhaite pas voir figurer au sein de la banque des actifs qui ne génèreraient pas des rendements suffisamment élevés.
Las, cette décision n’aura pas d’incidence notable sur les résultats du trimestre en cours, pour lequel nombre d’observateurs attendent une nouvelle perte.
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