Christine Lagarde souhaite élargir la régulation à la finance de l’ombre
La France n’entend pas rater le rendez-vous pris avec le G20 sur la régulation du système financier. Dans un discours prononcé le 19 mai lors de la célébration du centenaire de L’Agefi à la Sorbonne, Christine Lagarde a rappelé que la présidence française du G20 souhaitait faire «la lumière» sur la finance dite de l’ombre ou parallèle, peu ou pas régulée. «Il faut élargir le champ de la régulation au shadow banking», a déclaré la ministre de l’Economie, en rappelant l’objectif originel du G20 de Londres en 2009 : ne laisser aucun compartiment de la finance «à l'écart de la régulation ou de la supervision». «La surveillance doit être exigeante sans être excessive», résume Christine Lagarde.
Dans la même démarche que celle qui avait prévalu pour renforcer la régulation des banques, le G20 donne à présent la priorité au fameux «shadow banking» qui regroupe l’ensemble des institutions financières non bancaires telles que les fonds monétaires, véhicules d’investissement structurés ou les compagnies d’assurance. «Il ne servirait à rien d’accroître les exigences des banques si par le biais de fonds monétaires ou de hedge funds, ces règles étaient évitées», a indiqué la ministre. Des déclarations qui font écho à celles de Jean-Claude Trichet : «nous devons être sûrs que nous n’avons pas là de nouveaux risques systémiques», souligne le président de la BCE dans un entretien vidéo à L’Agefi.
Le G20 a déjà demandé au Conseil de stabilité financière (FSB en anglais) de rédiger des recommandations concrètes à l’automne. Mi-avril, le FSB a déjà publié une note délimitant les contours de cet ensemble hétérogène, dans laquelle il soulignait l’interconnexion entre banques traditionnelles et «shadow banking».
Christine Lagarde a aussi rappelé que la régulation du marché des dérivés de matières premières, notamment agricoles, constitue un autre axe fort de la présidence française du G20. Afin d’éviter une volatilité des cours excessive sur les marchés, la ministre a ainsi précisé que la France souhaitait la mise en place, comme aux Etats-Unis, des limites de positions. Enfin, elle a souhaité que le G20 mette au cœur de ses préoccupations la protection du consommateur de produits financiers.
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