Bruxelles veut remettre en cause certains projets de compensation carbone
Mettre fin à un abus de marché. C’est la volonté de la Commission européenne, qui propose de supprimer à compter de 2013 certains types de compensation carbone. Dans le viseur de Bruxelles: le trifluorométhane (ou HFC 23), un gaz à effet de serre particulièrement nocif issu de la fabrication du gaz réfrigérant HFC 22, ainsi que l’oxyde nitreux (N2O).
En vertu de la «mise en œuvre conjointe» et du mécanisme de développement propre (MDP), deux instruments du protocole de Kyoto, un pays industrialisé peut financer des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement. Il obtient en contrepartie des crédits carbone (CER ou certified emission reduction) certifiés par l’ONU et négociables dans le cadre du système européen d'échange de quotas d'émissions ETS.
Selon la Commission, 80% des crédits liés à la destruction de HFC 23 et 60% de ceux attachés au N2O dans le cadre du MDP viennent de Chine, le reste provenant majoritairement d’Inde. «Ouvrir un droit au crédit sur la réduction de HFC 23 peut déboucher sur une incitation indue à produire davantage de HFC 22 que cela n’aurait été le cas sans le MDC (…)», souligne la Commission.
«La nature lucrative des projets liés au HFC 23 décourage les pays de s’engager dans d’autres actions pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre», ajoute la commissaire en charge du climat, Connie Hedegaard. Cette mesure d’interdiction, qui doit être discutée par les Etats membres mi-décembre, interviendrait à compter du 1er janvier 2013, date à laquelle le programme ETS entrera dans sa troisième phase.
«C’est une clarification de la position de l’Union européenne avant le sommet sur le Climat de Cancun. Elle permet de lever une première incertitude concernant la question des CER éligibles à l’ETS», relève Stéphane Vidaillet, directeur du consulting carbone chez Bionersis. «Les installations de réduction de gaz HFC et N2O ont représenté 70% des crédits émis jusqu’à maintenant, avec un coût de production très faible», rappelle-t-il.
Selon Bruxelles, le rendement est maximal, avec des revenus tirés des cessions de crédits HFC 23 représentant 78 fois l’investissement initial. La fin de ce mécanisme pervers devrait réorienter les investissements vers des projets plus vertueux. De fait, le prix du CER devrait remonter à moyen terme au-dessus de vingt euros, estime Stéphane Vidaillet.
Plus d'articles du même thème
-
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs. -
Les stratégistes reviennent sur la tech américaine et les taux courts européens
Alors que la réouverture du détroit d’Ormuz renforce l’optimisme sur un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, stratégistes de banques et gérants avaient déjà commencé à bouger leurs pions vers les actions américaines et les obligations en Europe. -
Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
Vendredi 17 avril, le consortium formé par les trois opérateurs télécoms a annoncé l’entrée en négociations exclusives avec Altice France pour lui racheter SFR. Cette fois, cet accord historique à 20,35 milliards d'euros pourrait bien se concrétiser, avec des autorités antitrust plus accommodantes et de nouveaux impératifs de souveraineté.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat