Bruxelles met Paris sous surveillance étroite
La Commission européenne a adressé mercredi un carton rouge à Paris. Des dix-sept pays ayant fait l’objet ces derniers mois d’un examen approfondi de leurs déséquilibres macroéconomiques, la France est celui qui fait l’objet des remarques les plus sévères. Le vice-président de la Commission pointe à la fois «la dégradation de la balance commerciale», son manque de compétitivité et «le niveau élevé de l’endettement du secteur public».
Pour la première fois, Olli Rehn pointe les «risques de retombées négatives... pour la zone euro en général» et estime «essentielle une action décisive».
Alors qu’à l’automne, Paris et Berlin étaient renvoyés dos à dos, Bruxelles juge désormais que «l’excédent allemand n’implique pas le même risque qu’un déficit excessif» et qu’il est en outre appelé à diminuer dans les années à venir. Cette inflexion annonce des moments difficiles lors du Conseil Ecofin de juin qui se livrera à une revue détaillée de la situation de chaque pays.
Pas plus Bruxelles que Berlin ne sont convaincus par les mesures prises jusqu’à présent pour redresser les comptes publics, et les deux capitales s’attendent à ce que la France «manque ses objectifs à la fois de déficit et d’ajustement structurel» pour les années à venir. De là à faire planer sur elle des menaces de sanctions, il y a un pas qui n’a pas encore été franchi. Olli Rehn a éludé la question. La Commission rappelle toutefois que les pays de la zone euro peuvent encourir une amende de 0,1% du PIB «non parce que les déséquilibres n’ont pas disparu, mais dans le cas où ils échouent de façon répétée à mettre en œuvre» les réformes annoncées.
«Nous attendons avec impatience les détails du pacte de compétitivité annoncé en janvier par François Hollande», a déclaré Olli Rehn. La préparation du programme de réforme qui doit être communiqué mi-avril à la Commission se fera donc sous tension, Olli Rehn ayant appelé à prendre «des mesures pour réduire les dépenses publiques, vu leur niveau élevé». Mercredi, le ministre des finances Pierre Moscovici, qui ne dispose pas encore des chiffres consolidés du déficit 2013, a estimé que «la prévision de la Commission demeure entourée de nombreux aléas».
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