Brutal déclin en trompe-l’œil de l’excédent commercial chinois
Les économistes fixent leur attention sur l’inflation, la hausse annuelle des prix à la production ayant atteint 6,6 % le mois dernier
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Benoît Menou
L’excédent commercial chinois a enregistré le mois dernier un repli bien plus conséquent qu’attendu. Il s’est élevé à 8,56 milliards de dollars selon les chiffres publiés hier par le Bureau national des Douanes alors que les économistes escomptaient un excédent avoisinant les 22 milliards de dollars.
En janvier 2008, l’excédent commercial avait atteint 19,5 milliards de dollars, et 23,8 milliards en février 2007. La différence s’explique par une hausse de 35,1 % des importations, sous l’impulsion des prix énergétiques et des matières premières, parallèle à une hausse de 6,5 % des exportations.
Pour autant, cette évolution trouve tout d’abord en partie sa source dans le décalage d’une année sur l’autre du calendrier chinois face au calendrier grégorien, entraînant notamment des fermetures d’usines à des dates différentes. Des conditions météorologiques néfastes, gênant l’expédition portuaire, ont accentué cet environnement peu porteur pour les exportations. Pourtant, l’affaiblissement de la demande en provenance des Etats-Unis doit également être considéré, ces exportations ayant représenté 15,5 milliards de dollars en février, contre 19,2 milliards le mois précédent.
Un spécialiste de Macquarie Securities évoque ainsi une vision pour les deux premiers mois de l’année reflétant un léger tassement de la croissance des exportations ainsi qu’un affermissement de la croissance des importations. Une tendance qu’il s’attend à devoir constater sur l’ensemble de l’exercice en cours. Aux yeux d’un stratégiste de Royal Bank of Scotland, l’âge d’or de la balance commerciale chinoise est bientôt terminé, bien que l’excédent ne saurait s’«évaporer brusquement».
Las, pour nombre d’observateurs, l’évolution remarquable de l’excédent commercial pour le mois de janvier voit son importance relative atténuée par la publication par le Bureau national des Statistiques d’une accélération de la hausse des prix à la production, cette inflation atteignant 6,6 % sur un an à fin février, contre 6,1 % un mois auparavant. Soit son niveau le plus élevé depuis trois ans. La publication de l’indice correspondant des prix à la consommation était attendue aujourd’hui à Pékin. L’inflation annuelle s’est élevée à 8,7% sur une base annuelle en février, soit son niveau le plus haut depuis plus de 11 ans, contre 7,1 % enregistrés à fin janvier. Le Premier ministre Wen Jiabao ne s’y trompe pas en plaçant l’inflation en tête de ses préoccupations économiques.
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