Broadcom lance sur Qualcomm la première vraie OPA de l’ère Trump
Obsédé par la trace que son mandat laissera dans le monde américain des affaires, Donald Trump inscrira sans doute la date du 6 novembre 2017 sur la liste encore bien courte de ses victoires.
Car l’offensive de Broadcom sur Qualcomm s’explique largement par la volonté opportuniste du premier de profiter de la philosophie économique qui inspire le locataire de la Maison-Blanche.
Elle peut pour cette raison être qualifiée de première vraie OPA de l’ère Trump.
Le Pdg de Broadcom, Hock Tan, un Malaisien de naissance, a précédé l’annonce de son OPA par une visite jeudi au Président, au cours de laquelle il a annoncé sa décision de rapatrier le siège de l’entreprise aux Etats-Unis.
Celle-ci, américaine à l’origine, avait été délocalisée l’an dernier à Singapour, à la suite d’une autre OPA, pour des raisons fiscales.
Ce faisant, il comble les vœux du président, enchanté de voir revenir un siège social mais aussi de constater de premiers effets heureux de sa réforme fiscale, censée être à l’origine de la décision de Broadcom.
Surtout, du même coup, Hock Tan se rouvre habilement la voie des opérations financières aux Etats-Unis, qui lui était fermée du fait de sa délocalisation.
Son acquisition d’un petit fabricant de puces, Brocade, y est bloquée depuis plus d’un an et demi par le Comité pour l’investissement étranger pour des raisons de sécurité nationale.
Après son « show » du salon ovale, il peut désormais espérer voir se lever la barrière politique non seulement pour Brocade mais surtout pour Qualcomm.
Pour tous les étrangers, la leçon est claire : pour investir dans la technologie aux Etats-Unis sous l’ère Trump, mieux vaudra surtout éviter de porter un dossard qui ne soit pas américain.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP -
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.